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Montée de l’extrême droite en Europe : le chômage en cause ?

Front national en France, AfD en Allemagne, Ligue en Italie… Depuis plusieurs années, les partis européens d’extrême droite progressent dans les suffrages et atteignent aujourd’hui des records. A cause de la crise et de la montée du chômage? Pas si simple…

Le verdict est de nouveau sans appel : l’extrême droite est sortie gagnante des urnes lors des élections législatives italiennes de mars 2018. Mais l’Italie n’est pas le seul pays de l’Union européenne dans lequel l’extrême droite a aujourd’hui atteint des sommets. En Autriche et en Finlande, les formations d’extrême droite participent aujourd’hui à des gouvernements de coalition. En Allemagne, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a fait en septembre 2017 son entrée au Bundestag, devenant même le troisième parti du pays. En France, le Front national est un membre incontournable du paysage politique depuis plusieurs décennies. Au Danemark, en Hongrie, en Suède et aux Pays-Bas, les partis d’extrême droite sont parvenus à la deuxième ou troisième place aux dernières élections législatives.

Pareille progression dans un grand nombre de pays d’Europe n’est pas sans faire écho à celle que le Vieux Continent a connu au cours de l’entre-deux-guerres. La crise économique et financière qui a éclaté en 2008 a été un contexte propice pour l’extrême droite, qui joue sur ce sujet pour toucher les populations. Dix ans plus tard, en 2018, elle a prospéré de manière spectaculaire dans une grande majorité de pays.

Quelques pays restent toutefois malgré tout épargnés par cette « vague ». C’est le cas de l’Irlande, dans laquelle l’extrême droite est inexistante, mais aussi du Portugal, du Luxembourg ou encore de la Roumanie. L’Espagne ne semble pas non plus touchée.

Mais si dans certains pays augmentation du chômage et de l’extrême-droite vont de pair, c’est loin d’être le cas partout en Europe, certains pays ayant même connu un boom économique.

Selon le politologue Jacques Rupnik, il faut chercher ailleurs les raisons de cette progression : la crise migratoire, en particulier, a été révélatrice. Elle a amené au pouvoir des forces qui considèrent qu’il faut mettre l’accent en priorité sur la souveraineté du peuple et de la nation. Le nationalisme exacerbé cache plutôt une crainte de voir son socle culturel et ses fondamentaux déstabilisés.