GAFA

Economie, Europe, GAFA

Les pays nordiques opposés à la taxation des GAFA

Les expressions « géants du Web », ou parfois « géants du numérique », désignent la quinzaine d’acteurs d’Internet d’envergure mondiale, dont (par ordre alphabétique) : Airbnb, Alibaba, Amazon, Apple, Facebook, Google, LinkedIn, Microsoft, Netflix, Twitter, Uber, Yahoo, etc. appelés aussi les GAFA, un acronyme formé par la lettre initiale des quatre entreprises Google, Apple, Facebook et Amazon.

Au sein de l’Union Européenne, en termes de taxation, les positions divergent. Les pays nordiques sont opposés à la taxation des GAFA, estimant que taxer les géants du numérique risquerait de nuire à l’économie européenne.

L’exécutif européen a proposé le 21 mars d’instaurer une taxe transitoire de 3 % sur le chiffre d’affaires des groupes emblématiques du numérique, en premier lieu les « Gafa » (Google, Apple, Facebook et Amazon), accusés de profiter des disparités d’un système fiscal inadapté qui leur permet de transférer leurs profits vers des États membres à la fiscalité avantageuse comme le Luxembourg ou l’Irlande. Ce nouvel impôt rapporterait 5 milliards d’euros par an dans l’Union.

Pour les pays nordiques, la taxe proposée jouerait contre les intérêts de l’Europe en compliquant la coopération internationale en matière de fiscalité et en risquant de déclencher des mesures de représailles des partenaires de l’UE.

Ils se prononcent en faveur d’une réforme de la taxation des grands groupes numériques mais demandent qu’elle soit débattue au niveau de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), forum traditionnel pour les discussions internationales sur la fiscalité.

La Commission européenne est favorable à une action au niveau international mais, notant que la réflexion est toujours très longue sur ces sujets, propose cette taxe transitoire. Cet impôt, qui devrait concerner entre 130 et 150 entreprises dont une bonne moitié de sociétés américaines, est déjà considéré à Washington comme une tentative de l’Union européenne (UE) de récupérer une partie de l’énorme « gâteau » des profits générés par les géants californiens de la technologie.

Cette taxation, vu comme « anti-Us », risque donc de crisper les relations déjà tendues avec les Etats-Unis. Mais, les récents dissensus entre les pays-membres de l’Union pourrait d’aboutir à une situation de blocage indirectement favorables aux américains.