Schengen

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Le parlement réclame la remise en marche de l’espace Shenghen

Nous parlons espace Shenghen aujourd’hui. Pour rappel, signés en 1985 et mis en oeuvre en 1995, les accords de Schengen autorisent la libre circulation des personnes et harmonisent les contrôles des voyageurs au sein de l’espace constitué par ces Etats. 26 pays en sont membres, dont 22 appartiennent également à l’Union européenne.

Face à la crise migratoire et à la menace terroriste, plusieurs États européens ont rétabli le contrôle aux frontières au sein de l’Europe. Une situation de repli sur soi que les députés européens ont dénoncée dans le rapport annuel sur le fonctionnement de l’espace Schengen, adopté mercredi 30 mai dernier.

Le Parlement européen réclame aujourd’hui l’adhésion de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Croatie à l’espace Schengen, dont le fonctionnement a souffert de plusieurs rétablissements de contrôle aux frontières depuis 2015.

Parmi les contrôles aux frontières également pointés par le rapport, l’Italie a fermé sa frontière autrichienne, à la suite d’une demande de l’Allemagne. Berlin a suivi quelques jours plus tard en 2015. L’effet domino s’est propagé en République tchèque et en Slovaquie, qui ont également souhaité contrôler le flux de migrants à la frontière autrichienne – et hongroise dans le cas de la Slovaquie.

La France a également rétabli des contrôles aux frontières en raison de la menace terroriste qui plane sur le territoire depuis 2015. Plusieurs fois renouvelés, les contrôles se sont prolongés jusqu’en avril 2018, alors qu’en théorie, la dérogation ne peut durer au-delà de deux ans.

La frontière franco-italienne est particulièrement soumise à ces contrôles, afin de maîtriser principalement les flux migratoires au sein de l’espace Schengen, avec l’île de Lampedusa, point d’arrivée de nombreux migrants. La frontière italienne nord, au niveau de Briançon et de la vallée de Névache, voit également des personnes arriver d’Afrique de l’Ouest, qui essaient de traverser par les cols jusqu’en France. Le rétablissement des frontières a permis d’en refouler une grande partie vers l’Italie.

Le rapport annuel précise que ce retour aux frontières dures au sein de l’Union a de graves répercussions sur la vie des citoyens européens et altère considérablement la confiance dans les institutions européennes et portent atteinte au marché unique.

Quelques points positifs sont cependant à relever, dont le principal est la création de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex). Les mesures ponctuelles prises par l’agence aux frontières extérieures ont été jugées efficaces. La réintroduction de contrôle aux frontières intérieures est, en effet, autorisée de manière limitée dans le temps par le Code frontières Schengen en cas de « menace grave pesant sur l’ordre public ou la sécurité intérieure ».

Le rapport rappelle enfin le grand nombre de décès en Méditerranée. On estime à au moins 3 119 morts ou disparus pendant la traversée pour la seule année 2017, en baisse par rapport aux 5 143 de 2016. Il est donc urgent « d’apporter une réponse permanente, solide et efficace dans les opérations de recherche et de sauvetage ».