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L’ONG RSF propose une certification des médias fiables

L’ONG Reporters sans frontière (RSF) propose de créer une certification des médias fiables pour limiter la propagation des fake news. Cette « Initiative pour la fiabilité de l’information » est un dispositif visant à permettre de distinguer les contenus journalistiques fiables des fausses informations.

Les contenus fiables, qui obtiendraient ainsi la certification, seraient ceux respectant un certain nombre de standards de pratiques journalistiques. Ces standards restent encore à définir, mais l’ONG à préciser qu’ils pourraient se baser sur des indicateurs mesurant la transparence des médias, l’indépendance éditoriale, la mise en œuvre de méthodes journalistiques ou encore le respect des règles déontologiques. RSF souhaite qu’ils s’appliquent à « tous ceux qui produisent des contenus journalistiques, qu’il s’agisse de blogueurs ou de groupes de médias internationaux ».

L’ONG propose dans un premier temps une concertation ouverte aux acteurs du secteur (média, plateformes numériques, associations, syndicats professionnels, etc) organisée par le Comité européen de normalisation pour définir ces fameux standards journalistiques. Puis dans un deuxième temps la réalisation des indicateurs sous l’égide de l’Association française de normalisation et de son équivalent allemand le Deutsches Institut für Normung sur une période de 12 à 18 mois.

« Dans le nouveau système de l’espace public, les informations fausses circulent plus vite que les vraies : la défense du journalisme suppose de renverser la logique en donnant un avantage réel à tous ceux qui produisent des informations de manière fiable », a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF dans le communiqué de l’ONG.

Reporters sans frontière souhaite aussi attribuer aux médias fiables des avantages, comme par exemple, un « traitement privilégié par les algorithmes des moteurs de recherche et des réseaux sociaux ».

Dans un rapport rendu le 12 mars dernier, un groupe d’experts sur les fake news mis en place par la Commission européenne souligne que les intermédiaires digitaux tels que les réseaux sociaux et plateformes vidéo en ligne peuvent, en effet, affecter l’opinion public en triant, sélectionnant et classant les informations via leurs algorithmes. Dans la même orientation que RSF, les experts considèrent que les plateformes doivent intégrer dans leurs algorithmes des « indicateurs de sources transparentes », basés sur des codes de conduite professionnels et les attentes des utilisateurs sur ce qui constitue un contenu fiable.