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Economie, Environnement, Europe

L’insécurité alimentaire se mondialise

Selon le rapport annuel du Programme alimentaire mondial des Nations Unies tout comme les migrations, la faim est devenue un problème mondial, estime l’économiste en chef du Programme alimentaire mondial.

Les chiffres sont alarmants, et ils empirent, puisque les personnes à risque étaient 80 millions supplémentaires en 2015 et 108 millions supplémentaires en 2016.

Les guerres et les désastres climatiques sont les deux moteurs de la faim et de la pauvreté. 18 pays en guerre concentrent pas moins de 74 des 124 millions de personnes en insécurité alimentaire. Les catastrophes climatiques et la sécheresse ont pour leur part fragilisé 39 millions de personnes dans 23 pays. Et ce nombre ne devrait pas diminuer dans les prochaines années.

La vulnérabilité des peuples continue de grimper parce que les conflits n’en finissent pas », souligne le spécialiste. « La crise syrienne fait rage depuis sept ans. L’impact de l’instabilité sur la prochaine génération d’Afghans, de Somaliens et de Soudanais se présente catastrophique.

La Commission européenne et les 28 États membres ont versé 2,7 milliards d’euros au Programme alimentaire mondial en 2017, ce qui fait de l’UE son principal donateur. Les fonds disponibles permettent cependant à peine de faire face à la famine qui ne cesse d’augmenter. Environ la moitié de ce financement a été utilisé pour la Syrie, le Yémen, l’Irak et le Sud-Soudan. La moitié restante a été divisée entre 44 autres pays. L’Ukraine est le seul pays d’Europe abritant un haut degré d’insécurité alimentaire. Ils ne sont pas moins d’un million de personnes à en souffrir dans sa région orientale, déchirée par la guerre.

Si la guerre et la sécheresse ne sont pas installées ailleurs sur le sol européen, leurs effets se font sentir aux portes du vieux continent. L’espoir de trouver une vie meilleure, à l’abri des conflits et de la famine, est le principal moteur de la crise migratoire qui divise les personnalités politiques européennes depuis plusieurs années.

Et pourtant, selon les dernières statistiques, il est important de rappeler que les migrants ne veulent pas a priori quitter leur pays. Il se déplacent d’ailleurs en moyenne trois à six fois dans leur propre pays avant de partir à l’étranger. Plus de 90 % des Africains veulent rester sur leur propre continent. C’est aussi le cas de plus de 80 % des Asiatiques. Mais lorsque vous n’avez plus rien, vous n’avez plus rien à perdre non plus, quitte à risquer votre vie confirme l’ONU.