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Les eurodéputés demandent une meilleure protection des journalistes

Les eurodéputés veulent une meilleure protection du journalisme d’investigation. Le 25 février dernier, les corps de Ján Kuciak et de sa compagne, Martina Kušnírová, ont été retrouvés à leur domicile, une balle dans la poitrine. Ce jeune journaliste de 27 ans enquêtait sur le lien entre des hommes politiques italiens et slovaques avec la mafia calabraise. Ce meurtre a déclenché les plus importantes manifestations pacifiques en Slovaquie depuis la révolution de velours en 1989, et provoqué une crise politique débouchant sur la démission du Premier ministre, Robert Fico.

Dans leur résolution, adoptée le 19 avril par 573 voix pour, 27 contre et 47 abstentions, les eurodéputés demandent une véritable enquête sur ce double meurtre, menée conjointement avec Europol, des mesures nationales et européennes pour mieux protéger les journalistes et les lanceurs d’alerte, ainsi que la mise en place d’un dispositif permanent pour soutenir le journalisme d’investigation indépendant.

Le Parlement européen a également tiré la sonnette d’alarme sur la potentielle infiltration du crime organisé à tous les niveaux de l’économie et de la politique slovaque. Comme l’a rappelé Jean-Claude Juncker, l’assassinat ou l’intimidation de journalistes n’a pas sa place en Europe ni dans aucune démocratie.

Les eurodéputés se sont par ailleurs indignés du fait que ce double meurtre soit le deuxième visant un journaliste d’investigation en six mois sur le sol européen. Le 16 octobre dernier, la Maltaise Daphne Caruana Galizia avait été tuée dans l’explosion de sa voiture près de son domicile. Le blog de Daphne Caruana Galizia était le plus lu de l’île. Elle y dénonçait la corruption du gouvernement et travaillait sur un réseau de corruption de haut niveau, impliquant des hommes politiques maltais. Ceci démontre jusqu’où sont prêts à aller les membres du crime organisé pour dissimuler leurs activités financières et pourquoi le travail des journalistes d’investigation est vital.

Dans son rapport annuel, publié en décembre dernier, Reporters sans frontières (RSF) affirme que 65 journalistes ont été tués dans le monde en 2017 et 365 se sont retrouvés derrière les barreaux dans l’exercice de leur travail.

Or, il n’est pas inutile de rappeler que les journalistes sont les vigies de nos sociétés démocratiques, ils ont le droit de poser des questions qui dérangent, de mener l’enquête et de réaliser des reportages en toute indépendance !