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En Europe, l’idée de démantelé Google fait son chemin

Faut-il disloquer Google pour rétablir plus de concurrence ? En Europe, l’idée de démanteler Google fait son chemin

Recherche, vidéos, cartographie, messagerie… Google est omniprésent. À tel point que la marque est entrée dans le langage courant, avec des expressions du type « googler » ou « googliser ». Et pour cause : son moteur de recherche représente plus de 90 % du marché mondial, son système d’exploitation Android équipe plus de 80 % des smartphones dans le monde et YouTube, sa plateforme vidéo, revendique plus de 1,5 milliard d’utilisateurs connectés par mois. Une notoriété qui se traduit par un chiffre d’affaires de 100,9 milliards de dollars en 2017 et une capitalisation boursière dépassant les 700 milliards de dollars.

Alors que le géant américain fêtera ses 20 ans en septembre prochain, une petite musique de fond se fait entendre : faut-il déstructurer Google en Europe ? La question a été remise au goût du jour récemment par Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence.

L’idée traîne pourtant depuis 2014, lorsque le Parlement européen avait adopté à une large majorité une résolution non contraignante proposant de « séparer les moteurs de recherche des autres services commerciaux ».

Cette même année, la pression sur Google s’était à nouveau accentuée avec l’arrivée de la commissaire à la concurrence, surnommée « la bète noir des multinationales ».

Quelques mois après son entrée en fonction, elle lance une enquête à l’encontre du groupe américain : il est accusé d’abus de position dominante sur le marché des moteurs de recherche pour avoir favorisé son comparateur de prix, Google Shopping. L’affaire s’est soldée par une amende historique de 2,42 milliards d’euros en juin dernier. La firme de Mountain View a fait appel de cette décision en septembre. Elle reste encore entretemps dans le viseur de la Commission. Lancées en 2016, deux autres enquêtes pour abus de position dominante sont en cours d’instruction concernant son logiciel Android et sa plateforme publicitaire AdSense.

Quand une entreprise américaine tel que Google peut se développer sur un marché unique de plus de 325 millions d’habitants, c’est discriminant pour une société européenne qui se heurte à 28 cultures différentes. Un désavantage pour faire émerger un concurrent de taille face à Google.

Pendant des années, les Américains ne comprenaient pas notre vision protectrice. Mais les récents scandales autour de l’exploitation des données personnelles semblent nous donner la validation d’une vision commerciale protectionniste. Affaire à suivre en développements ….