Nature

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L’ONU recommande un retour à la nature pour la gestion de l’eau.

Le 22 mars était la journée mondiale de l’eau. Dans son rapport annuel publié le 19 mars à l’occasion du Forum mondial de l’eau à Brasilia, l’ONU-Eau prône une « révolution verte » visant à régénérer, en amont, sols et forêts, pour améliorer la qualité de l’eau et préserver les ressources, plutôt que de construire des infrastructures.

Pour rappel, les « objectifs Eau », visent l’accès universel et équitable à l’eau potable à un coût abordable, et l’amélioration de la qualité de la ressource en réduisant la pollution, éliminant l’immersion des déchets, réduisant les émissions de produits chimiques et de matières dangereuses, diminuant de moitié les eaux usées non traitées et augmentant le recyclage et la réutilisation sans danger de l’eau en 2030.

Encore marginales, ces solutions ‘naturelles’ ne représentent que 1% des investissements dans la gestion des ressources en eau au niveau mondial. Elles n’en sont pas moins indispensables pour réduire les risques de pénurie, qui touchent déjà près de la moitié de la population mondiale (environ 3,6 milliards de personnes) et sans doute entre les deux tiers et les trois quarts en 2050.

Selon l’organisation onusienne, c’est la dégradation des écosystèmes depuis 1900 qui constitue la principale menace sur les ressources en eau. Ces zones présentent pourtant un atout majeur: elles peuvent éliminer de 20 à 60% des métaux contenus dans l’eau et retenir de 80 à 90% des sédiments présents dans les eaux de ruissellement.

Parmi les exemples mis en avant, l’ONU cite l’amélioration de la couverture forestière de plus de 30% et le déploiement des points de collecte en eau au Rajasthan (Inde), à la suite de la sécheresse historique de 2009. Résultat : le niveau des eaux souterraines a augmenté de plusieurs mètres et la productivité des terres agricoles a également progressé.

Les zones agricoles ne sont pas les seules concernées. En ville aussi, les solutions fondées sur la nature ont toute leur place. Comme l’a montré la municipalité de New York, qui a mis l’accent sur la protection de ses trois bassins versants, en rémunérant les agriculteurs vertueux et en préservant ses forêts. Elle est parvenue à améliorer fortement la qualité de son eau tout en économisant plus de 300 millions de dollars (243,5 M€) par an de frais de dépollution. Autant de solutions auxquelles les pays agricoles ou à forte urbanisation ne peuvent plus échapper.