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Economie, Europe, Société

Les portes de l’UE s’ouvrent de plus en plus aux riches

Alors que des millions de réfugiés peinent à s’établir sur une terre d’accueil, les plus riches trouvent sans problème asile en Europe contre un investissement ou un don.

Le principe des Golden visas est né il y a une trentaine d’années dans les Caraïbes. Pour un don d’environ 200 000 euros à une fondation, on y reçoit un passeport ouvrant les portes de 125 pays, notamment ceux de l’Union européenne.

Des règles similaires aujourd’hui existent dans de nombreux pays, notamment la Hongrie, la Grèce, Chypre, Malte, le Portugal, ou encore l’Autriche, comme le souligne une série d’enquêtes de l’ONG Transparency International.

Pour se procurer une nouvelle nationalité, ou un nouveau pays de résidence, il suffit de faire appel aux spécialistes, et de mettre la main au portefeuille. Conseils juridique, immobilier de luxe, agences d’investissement spécialisée, c’est toute une industrie qui brasse des milliards qui s’est développée autour des besoins d’une clientèle riche et discrète, souvent russe. Le visa est en or puisqu’il aux non européens de pouvoir circuler librement au sein de l’espace Schengen.

C’en Grèce qu’il est le plus facile d’obtenir un permis de résidence. Légalement, il suffit d’acheter l’équivalent de 250.000 euros en propriété sur le territoire grec pour pouvoir s’y établir, sans conditions. Chypre offrent aussi la citoyenneté en échange d’un investissement. Son programme de « visas dorés » a attiré un millier d’investisseurs depuis son introduction en 2014. Selon le Fonds monétaire international, à Malte, les 850 millions d’euros ainsi récoltés par la pratique ont à ce jour contribué au redressement économique du pays.

Si la Commission européenne félicite la reprise « miracle » de l’économie maltaise, certains observateurs craignent un effet pervers de cette politique, qui fournit à des personnalités riches, ayant des liens avec le Kremlin ou certaines mafias ou d’autres réseaux troubles, un accès sans limite à l’UE, quels que soient leurs antécédents. Ceci, sans compter ce qu’elles pourraient amener aussi corruption, blanchiment et autres pratiques illégales.