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L’emploi 4.0, une révolution plus complexe qu’il n’y parait

Emploi 4.0, la numérisation de l’emploi pourrait changer le monde du travail à très brève échéance. L’Institut des sciences économiques et sociales (WSI) de la Fondation Hans-Böckler a mené une enquête exhaustive. Si le « travail 4.0 » crée donc des opportunités, il y a également des risques pour les employés. L’avenir du travail numérique dépend donc aussi du niveau de préparation des entreprises à ce changement.

Jusqu’à 60 % des emplois actuels pourraient être remplacés par des ordinateurs ou des robots grâce à la révolution numérique. Parallèlement, de nombreux postes sont créés dans l’industrie numérique. Ce changement annonce des bouleversements encore plus importants que la révolution industrielle du XIXe siècle. Le travail à domicile et le travail mobile vont ainsi par exemple permettre de mieux concilier le travail et la vie de famille. Jusqu’à présent, seulement 12 % des employés travaillent régulièrement à domicile, bien que cela soit techniquement possible pour environ 40 % d’entre eux.

Trois comités d’entreprises sur quatre estiment qu’il est nécessaire de recruter plus de personnel dans leurs entreprises. 70 % des comités demandent que des mesures soient instaurées pour limiter l’intensité du travail et garantir l’emploi. 69 % perçoivent la nécessité d’offrir à leurs employés davantage de mesures de qualification. Leur conclusion est sans appel : si la transition n’est pas bien pensée, le travail numérique n’apportera pas de meilleures conditions de travail.

La numérisation va également entraîner des fluctuations à court terme dans les commandes. L’emploi devra donc suivre plus que jamais les exigences des niveaux de commandes fluctuants en instaurant, par exemple, des horaires flexibles et en encourageant le travail temporaire.

Enfin, la numérisation du travail doit aussi s’accompagner de la mise en place cohérente de lois protectives au niveau national. La numérisation du travail est une avancée, mais elle doit penser à maîtriser, vis-à-vis des travailleurs, la concurrence créée par la robotisation par le maintien d’un véritable dialogue social.