Egalité des chances

Environnement, Europe, Société

L’égalité des genres au cœur des accords de libre-échange

Un peu moins d’une semaine après la journée internationale de la femme, l’égalité des genres a fait irruption dans les débats en session plénière au Parlement européen.

Mardi 13 mars dernier, les eurodéputés ont validé une résolution dans laquelle ils se prononcent en faveur d’une meilleure prise en compte de l’égalité des genres dans les accords commerciaux. Le Parlement soutient également l’idée d’une meilleure parité dans les équipes de négociation.

Les accords de libre-échange auraient des impacts différenciés sur les femmes dans des secteurs tels que l’agriculture ou le textile, marqués par de fortes différences entre les genres et un statut souvent plus précaire des femmes.

Par ailleurs en libéralisant le domaine des services dont certains services publics, les accords de nouvelle génération pourraient d’autant plus impacter les femmes, par exemple en limitant leurs accès aux soins.

Le Parlement souhaite notamment que la Commission conduise des évaluations sur l’impact de la politique commerciale sur les droits des femmes et sur leurs droits sociaux, qu’elle soutienne l’inclusion de chapitres forts égalitaires et avec des clauses contraignantes, qu’elle plaide pour l’inclusion de l’égalité des genres à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

La résolution du Parlement reste déclarative et il revient à la Commission d’y donner suite ou non. L’exécutif semble néanmoins déjà aller dans le sens du Parlement. La Commission pourrait suivre cette orientation dans son accord avec le Chili, qui serait le premier à intégrer cette dimension. De telles dispositions ont déjà fait partie d’un accord commercial entre le Chili et le Canada.

Droit du travail, écarts salariaux, congé de parentalité, actuellement, seulement 20% des partenaires commerciaux non membre de l’Union respectent les droits des femmes. La Commission a donc également annoncé revoir sa stratégie « aide pour le commerce » pour y inclure « une exigence d’analyse homme femme systématique », visant à pallier le manque de données sur la question.