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Europe, Sécurité, Société

La Cop24 s’annonce très sécurisée

Bonjour et bienvenus dans votre billet à l’Europe du jour ! La préparation du sommet de la COP 24, qui se tiendra du 3 au 14 décembre prochain dans la ville minière de Katowice, en Pologne, a déjà commencé. Et la La Conférence de l’ONU sur le climat a une ambition non négligeable.

Mais ce prochain sommet climat ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Du moins pour les ONG. Une loi promulguée fin janvier par le président polonais Andrzej Duda interdit tout rassemblement spontané dans la cité minière entre le 26 novembre et le 16 décembre. Ne cherchez pas dans votre agenda, la COP 24 se situe pile dans ce créneau.

Ce n’est pas la première fois que de telles restrictions frappent les associations « pro climat ». Lors de la COP 21, les autorités françaises avaient également interdit les manifestations prévues en marge du sommet du Bourget par crainte des attentats. Toutefois, la nouveauté du texte polonais, c’est qu’il autorise la police locale à collecter les données personnelles des participants à la COP et à en faire un usage incontrôlé.

Ceci inquiète nombre d’organisations dont les militants ne sont pas toujours bien considérés par leurs propres gouvernements. L’an passé, rappelait récemment Global Watch, 197 défenseurs de l’environnement ont été tués pour avoir lutté contre la déforestation illégale, le braconnage ou le changement climatique. Un chiffre 4 fois plus important qu’en 2002.

Ainsi, à l’initiative du forum Asie-Pacifique des femmes pour le droit et le développement (APWLD), plus de 80 associations du monde entier dénoncent la contradiction entre le droit de réunion et le droit de manifestation, protégés par la convention européenne des droits de l’homme et la loi polonaise. Elles demandent à l’ONU et à la Commission européenne de faire pression sur Varsovie pour qu’elle abroge sa loi. En effet, la surveillance rapprochée des activistes qui feront le déplacement à Katowice n’est que le dernier épisode d’un durcissement des politiques sécuritaires polonaises.

En juillet dernier, la Commission européenne a déjà engagé une procédure d’infraction à l’encontre de la Pologne, à la suite de la publication de la loi sur l’organisation des juridictions de droit commun. Très critiqué, ce texte organise la reprise en main par le pouvoir conservateur du système judiciaire national. La Pologne est ainsi le second pays de l’UE, après la Hongrie, auquel les 27 reprochent « une violation grave de l’État de droit ».

A la suite de l’entrée en application de la loi sur la liberté d’expression de 2015, plus de 234 journalistes de l’audiovisuel public polonais ont été rétrogradés, licenciés ou contraints de démissionner, rappelle Amnesty International.