Défense Européenne

Europe, Sécurité, Société

Coopération permanente, une étape historique pour la Défense

La mise en place d’une coopération permanente entre Etats-membres est une étape historique pour la défense européenne. Pas en avant inédit, cet accord CSP ou PESCO, couvre deux volets : une première partie est dédiée à de nouvelles mesures de lutte antiterroriste et une deuxième portant sur la sécurité externe et la défense.

Les pays européens représentent la deuxième entité mondiale en termes de dépenses militaires. Or, ils sont bien loin de former la deuxième puissance militaire, conséquence de l’inefficacité des dépenses et du manque d’interopérabilité. Une liste d’engagements, afin de lancer concrètement la coopération, a été fixé début mars, avec 25 États membres participants, à l’exception de la Macédoine, Malte et de la Grande-Bretagne. L’Espagne, l’Allemagne, la France et l’Italie sont, quant à eux, les moteurs du projet initial validé en décembre 2017.

Pour sa concrétisation, la Commission européenne suggère de mobiliser 39 milliards d’euros d’ici à 2027 et ce afin de soutenir concrètement le développement de capacités militaires communes, mais aussi mettre en place une clause de solidarité pour faire face aux cyberattaques.

L’institution propose 500 millions d’euros pour la recherche pour 2019 et 2020, date à laquelle se termine le cadre financier pluriannuel actuel.

Pour le prochain budget européen à long terme (2021-2027), la Commission allouera 500 millions d’euros par an à la recherche dans la défense, et un autre milliard d’euros par an au cofinancement pour aider les États membres à transformer leurs innovations potentielles en prototypes. En comptant les contributions nationales, l’exécutif espère mobiliser 5,5 milliards d’euros par an après 2020.

La Commission a toutefois exclu des propositions de grande ampleur comme une armée européenne, une idée qui aurait pu prendre vie en 1952 avec la Communauté de défense européenne, mais qui a été délaissée. Le scénario le plus prometteur devrait déboucher sur un espace de solidarité entre les États membres, c’est-à-dire une clause d’assistance mutuelle pour répondre aux attaques extérieures, un partage du coût du matériel militaire et un plus grand degré d’intégration des forces nationales de défense.