Terrorisme

Défense, Europe, Sécurité

Terrorisme en ligne : l’Europe sévit !

L’Union Européenne durcit le ton sur les contenus à caractère terroriste en ligne. Les plateformes en ligne devraient supprimer les publications promouvant le terrorisme dans l’heure suivant leur signalement, sans avoir à passer par une ordonnance juridique ou une décision administrative, selon un document de travail de la Commission européenne. Ce délai est le plus court jamais envisagé par l’exécutif.

Les nouvelles recommandations façonnent une approche européenne plus stricte de surveillance des plateformes en ligne. Outre les demandes pour supprimer les publications à caractères terroristes, six plateformes – Facebook, Twitter, YouTube, Google+, Microsoft et Instagram – font partie d’un accord volontaire passé avec la Commission en 2016 pour supprimer les propos haineux dans les 24 heures suivant leur signalement.

Pourquoi ce durcissement ? Le document de la Commission indique que les plateformes en ligne retirent les contenus à caractère terroriste plus rapidement grâce à « un meilleur usage de la technologie », y compris « des moyens automatisés pour détecter les contenus illégaux ». YouTube et Facebook, par exemple, utilisent déjà l’intelligence artificielle pour détecter les publications illégales.

Les ONG de défense des libertés civiles et lobbies du secteur technologique ont réagi avec force à cette position. Elle demande un dialogue multipartite préalable avant toute initiative définitive. Selon ces organisations, les projets actuels de la Commission « nuiraient au maintien d’un cadre de e-commerce solide pour l’UE et risqueraient d’engendrer un cadre réglementaire inadapté aux dynamiques du secteur ».

Pour rappel, en juin 2017, les dirigeants de l’UE avaient aussi appelé « à relever les défis que posent les systèmes qui permettent aux terroristes aujourd’hui de communiquer par des moyens auxquels les autorités compétentes ne peuvent avoir accès, y compris le chiffrement de bout en bout ». La France et l’Allemagne ont d’ailleurs déjà plusieurs fois appelé à un cadre juridique européen pour les réseaux de télécommunication cryptés, y compris les messageries non européennes.