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Environnement, Europe, Société

L’OCDE défend la taxation des énergies polluantes

Le niveau trop faible des taxes actuelles sur les émissions de CO2 ne permet pas encore de lutter efficacement contre le changement climatique, souligne un rapport de l’OCDE qui prône la taxation des énergies polluantes.

Les taxes s’appliquant à l’énergie n’ont pas évolué entre 2012 et 2015, avertit l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Plus grave encore, seul 0,3 % des émissions sont taxées à un niveau comparable à son coût environnemental.

En outre, si les combustibles fossiles représentent près de 50 % des émissions de dioxyde de carbone dans les 42 pays étudiés, les taxes restent rares.

L’impôt sur les émissions du secteur du charbon ne dépasse les 5 euros par tonne que dans cinq États. Les taxes sur le pétrole sont l’outil financier le plus utilisé, avec une moyenne de 50 euros par tonne de CO2 émise. Étonnamment, les taxes sur l’essence ont dépassé les taxes sur le diesel dans tous les pays étudiés, sauf deux.

Le secteur non routier représente 95 % des émissions de carbone, alors que 81 % d’entre elles ne sont pas taxées. À l’inverse, les taxes sont plus élevées et plus répandues dans le transport routier, grâce à des prélèvements pétroliers plus élevés, et atteignent 97 % des émissions.

L’OCDE pointe les réformes dans les grandes économies émergentes comme la Chine, l’Inde et le Mexique pour expliquer une augmentation de 10 % de la taxe sur les carburants sur les trois années étudiées. De fait, ces trois pays investissent massivement dans les véhicules électriques et se préparent à un secteur des transports sans moteur à combustion interne.

La tarification du carbone est également en train de devenir un instrument de choix des gouvernements dans la réduction des émissions. La Chine a ainsi instauré son propre marché du carbone en 2017. Ce marché devrait rapidement devenir le plus grand au monde.

Le projet de réforme du marché carbone européen, l’ETS, a reçu le feu vert du Parlement la semaine dernière. La taxation elle-même n’est cependant pas une compétence de l’UE et la Commission européenne n’a pas souhaité commenter le rapport de l’OCDE.

Affaire à suivre donc.