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Le secteur aérien se prépare à un Brexit chaotique

Les compagnies aériennes britanniques se préparent aux conséquences du Brexit, qui risque de les priver de leur statut de transporteur aérien communautaire.

Le transport aérien est l’un des secteurs les plus dépendants de la législation, et donc l’un de ceux qui serait le plus durement touchés par un Brexit chaotique. Le Royaume-Uni pourrait en effet se voir exclu des programmes « ciel unique » et SESAR (Système européen de nouvelle génération pour la gestion du trafic aérien).

L’Organisation mondiale du commerce ne prévoit en effet pas de règles à ce sujet sur lesquelles les compagnies aériennes pourraient se replier. Si le pays sort de l’UE sans accord, ses opérateurs aériens perdraient donc leur statut de « transporteur aérien communautaire » et leurs droits sur le trafic intra-UE.

Le secteur aérien britannique est le plus important d’Europe. Certaines compagnies ont déjà commencé à se préparer au pire. EasyJet a ainsi décidé de créer une filiale distincte dans l’Union, qui devrait coûter environ 11,4 millions d’euros. L’irlandais Ryanair a pour sa part introduit une demande de licence aérienne britannique, afin de continuer à avoir accès aux aéroports du Royaume-Uni.

Un rapport publié par l’Association européenne de l’aviation commerciale (EBAA) stipule que la seule manière d’éviter des perturbations majeures du secteur serait de maintenir les règles en vigueur. Il est donc « hautement préférable pour les opérateurs britanniques, mais aussi européens », que le Royaume-Uni reste dans l’Espace économique européen. L’autre « bonne » option serait un accord spécifique similaire à celui qui a été conclu entre Bruxelles et la Suisse.

Toutefois, si les compagnies aériennes et l’autorité britannique de l’aviation civile (CAA) souhaitent rester au sein de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), le gouvernement de Theresa May est bien décidé à quitter le marché unique, sans lequel l’adhésion aux agences européennes est impossible.

Aujourd’hui, l’incertitude affecte donc tous les acteurs du système. Si une période de transition de deux ans est prévue, les années à venir risquent d’être très compliquées pour les transporteurs du ciel.