LA COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE

Environnement, Europe, Société

La Cour internationale de justice s’empare des dommages environnementaux

La Cour internationale de justice s’empare des dommages environnementaux. Dans un arrêt historique rendu le 2 février, la Cour a condamné le Nicaragua à verser 310.000 euros au Costa Rica en réparation de dommages environnementaux.

Le Costa Rica demandait une indemnisation pour les dommages causés à ses forêts pluviales et ses zones humides par les incursions sur son territoire de l’armée nicaraguayenne. Celle-ci a notamment creusé trois chenaux reliant le fleuve San Juan et des lagunes protégées par la convention Ramsar. 300 arbres ont été coupés, et six hectares de végétation ont été endommagés.

Situé à la frontière, ce territoire était disputé entre les deux pays jusqu’à ce que la Cour internationale de justice reconnaisse, dans un arrêt du 16 décembre 2015, la souveraineté du Costa Rica. Elle a ensuite donné un an aux deux parties pour convenir d’un montant de réparation à l’amiable. Mais celles-ci n’étant parvenues à aucun accord, les magistrats se sont déclarés compétents pour évaluer l’étendue des dommages environnementaux. Une première pour la Cour !

Rappelons que, selon les derniers chiffres de l’ONG Global Witness, 197 personnes ont trouvé la mort l’an dernier pour avoir défendu une cause environnementale ou tout simplement leur terre.

La lutte contre une mine, une plantation, un projet d’infrastructure, ou des braconniers, peut aussi coûter la vie dans certains pays, comme le rappelle avec effroi l’ONG. Quatre morts par semaine. Tel est le lourd bilan de la défense de l’environnement au niveau mondial, qui s’avère 4 fois plus important qu’en 2002.

L’Amérique latine abrite le plus grand nombre d’assassinats avec 46 morts au Brésil et 32 en Colombie, où les conflits fonciers sont de plus en plus nombreux, tandis que de nombreuses zones ne sont plus administrées depuis l’accord de paix de 2015 et le départ des guérilleros des Farc. Ensuite viennent les Philippines, qui représentent le pays d’Asie le plus dangereux pour la cause environnementale. 41 personnes y ont trouvé la mort l’an dernier. 15 militants ont par ailleurs été tués au Mexique et 13 en République démocratique du Congo. Dans ce pays africain, 4 gardes forestiers et un porteur ont été tués en juillet pour s’être opposés au braconnage d’espèces sauvages.

Échec politique, le rapport de Global Witness met en lumière les facteurs de risques les plus importants, dont l’inertie des gouvernements à protéger les défenseurs de l’environnement contre les menaces et les agressions.