Asile

Défense, Europe, Sécurité

Dernière ligne droite pour la réforme de l’asile européen

Les ministres de l’Intérieur vont s’atteler à la réforme du système européen d’asile, un chantier prioritaire pour l’UE mais bloqué par de profondes divisions sur le principe de quotas d’accueil de réfugiés. La lourde tâche est de finaliser d’ici juin un accord entre États membres sur ce dossier enlisé depuis plus d’un an et demi. Les ministres vont donc devoir tenter de déminer le terrain, après les faibles progrès réalisés.

Le « règlement Dublin » en vigueur est décrié dans la mesure où il déchire l’Europe. Il confie la responsabilité de traiter une demande d’asile presque toujours aux pays de première entrée dans l’Union, faisant peser sur eux un poids démesuré. Il alimente, en outre, des querelles entre capitales quand des demandeurs d’asile doivent être renvoyés d’un pays à l’autre.

Le commissaire européen en charge des migrations, Dimitris Avramopoulos, souligne l’urgence d’une réforme. « Aujourd’hui, ce sont l’Italie et la Grèce qui sont sous une énorme pression.

Les arrivées de migrants par la mer, dont le nombre exceptionnel avait ébranlé l’UE en 2015, ont nettement chuté. D’abord en 2016 sur les côtes grecques, après un accord controversé avec la Turquie, puis en Italie à partir de la mi-2017, via notamment une collaboration elle aussi décriée avec les autorités libyennes. Mais les Européens doivent être prêts à réagir à une éventuelle nouvelle crise, et éviter de revivre la cacophonie de 2015.

Si la Commission Européenne n’a pas renoncé à proposer un nouveau système de quotas dans le cadre de la réforme en chantier, qui ne serait toutefois déclenché qu’en cas d’arrivées de demandeurs d’asile d’une ampleur exceptionnelle dans un État membre, cela reste trop pour certains pays, en particulier ceux du groupe de Visegrad (Hongrie, Slovaquie, Pologne, République tchèque), qui rejettent tout accueil obligatoire. Ceux-ci préfèrent que la solidarité européenne puisse se traduire d’une autre manière, financière notamment.

« C’est inacceptable. Il s’agit d’une responsabilité partagée, tous les pays devraient participer à notre politique de partage du fardeau », a déploré le commissaire Avramopoulos. Ce pourquoi, la réforme du régime d’asile européen commun va mener à une restructuration complète des régimes d’asile de tous les États membres et très probablement rendre contraignante une application du droit d’asile plus restrictive encore qu’aujourd’hui. Elle concerne les conditions d’accueil des demandeurs d’asile et la réinstallation de réfugiés provenant de pays tiers.