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Un remède au chômage ? La formation en alternance

La formation en alternance est un possible remède au chômage des jeunes européens, un système qui fonctionne déjà bien en Allemagne et dans d’autres États membres.

La connexion entre la théorie dispensée dans une école professionnelle et la pratique gagnée dans une entreprise est devenue traditionnelle en Allemagne. Ce système permet aux jeunes de s’intégrer plus facilement et plus rapidement dans le marché du travail.

En novembre 2017, 18,2 % des jeunes de la zone euro étaient au chômage. En Allemagne, ce chiffre n’était cependant que de 6,6 %, selon le bureau allemand des statistiques, Destatis. Le système d’alternance allemand attire donc logiquement de plus en plus d’attention. Et ce compris parce qu’il existe un soutien des entreprises pour la formation en alternance, notamment via une compensation financière, ce n’est pas le cas ailleurs.

Le même mois, la Commission européenne a publié à l’attention des gouvernements une recommandation fondée sur 14 critères pour une formation en alternance durable et réussie.

Les auteurs du rapport estiment que les conditions de la formation en alternance diffèrent grandement dans les sept pays qu’ils ont étudiés. Leur conclusion est simple : « dans de nombreux pays, la formation en alternance n’a pas encore atteint son plein potentiel ».

Dans les pays du sud de l’Europe, ce type de formation est encore stigmatisé. Il n’est en effet pas aussi bien vu de faire une formation axée sur la pratique que d’étudier à l’université. Il est donc important que le monde politique et l’industrie collaborent pour assurer que l’alternance soit une option attirante pour les jeunes et leurs parents.

Jusqu’ici, les mesures européennes telles que la Garantie jeunesse n’ont pas eu les résultats escomptés. La promesse de fournir à tous les jeunes sans-emploi un travail ou un placement en formation dans les quatre mois ne s’est jamais matérialisée. En 2017, plus de la moitié de tous les jeunes au chômage dans l’UE étaient sans emploi depuis au moins six mois.

Il reste donc beaucoup à faire pour assurer que la combinaison des apprentissages liés au monde du travail et l’alternance devienne la norme en Europe. Et les acteurs sociaux ont un grand rôle à jouer dans cette évolution des mentalités. Il sera notamment nécessaire d’assurer une grande mobilité aux jeunes, de redorer l’image des formations pratiques, de mettre en place un système de conseil plus ciblé, d’assurer la flexibilité de la formation, ainsi que d’offrir des occasions adaptées aux jeunes très ou trop peu performants.