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Europe, Numérique

L’UE fait tomber les frontières pour la circulation des données.

L’Union Européenne a fait un pas de plus vers la conclusion d’un projet de marché unique numérique, soit la suppression des frontières pour la circulation des données. Le règlement sur la libre circulation des données, qui couvre toutes les données non personnelles, vise à créer un espace ouvert du stockage et du traitement de données.

Le projet de loi a avancé au sein du Conseil de l’UE à une vitesse folle alors que la Commission n’avait soumis sa proposition qu’en septembre 2017 dernier. La loi navigue désormais dans les eaux du Parlement européen, où la commission en charge du marché interne doit commencer des discussions formelles sur le dossier.

A signaler que l’accord est un tour de force de l’Estonie, l’un des gouvernements européens les plus à la pointe des technologies. A première vue, le petit pays balte d’1.3 million d’habitants, ne paie pas de mine. Et pourtant, lorsqu’on y regarde d’un peu plus près, il apparaît clairement que l’Estonie devance – et ce très largement – bien des pays européens et mondiaux sur la scène digitale et environnementale. Et les services numériques offerts par le pays à ses citoyens vont très loin. Cette révolution est d’autant plus surprenante qu’il y a moins de 30 ans, l’Estonie vivait sous l’Union Soviétique.

La pierre angulaire du système numérique estonien, c’est la carte d’identité électronique (electronic ID card). Introduite dès 2002, elle est aujourd’hui utilisée par 52% de la population. Grâce à elle, les Estoniens peuvent voter et payer leurs impôts et leurs factures en ligne, regarder leurs données bancaires et de santé sur le web, les bulletins scolaires de leurs enfants, avoir leurs ordonnances médicales sous la main, et même payer le parcmètre. E-School, E-Police, E-Prescription, le digital est au service du quotidien. Et même le vote peut s’effectuer en ligne.

L’Estonie compte donc bien entrainer l’Europe dans cettr révolution numérique. « D’ici à l’été 2018, nous devons nous accorder sur la libre circulation des données », avait déclaré le Premier ministre estonien, Jüri Ratas, au sommet européen de septembre 2017 dernier.

Au-delà des bienfaits citoyens du « tout numérique », le pays est très attaché à l’idée d’une Europe de la défense. Il propose par exemple le partage de données entre les agences européennes, pour posséder une base de données commune de défense contre le terrorisme et le cyberterrorisme.

Le projet est donc réel, en ce compris pour les entreprises. N’oublions pas que Skype vient d’Estonie également.