Dispersion de pesticides

Economie, Environnement, Europe

Les biocarburants à l’huile de palme bannis

Le Parlement européen a décidé d’éliminer l’huile de palme dans les carburants d’ici à 2021 et de plafonner les biocarburants issus des cultures vivrières au niveau de la consommation de 2017.

La décision de limiter les biocarburants s’est basée sur un amendement soumis le 17 janvier par les eurodéputés du Parti populaire européen (PPE), les socialistes et démocrates (S&D) et l’alliance des libéraux et démocrates européens (ALDE).

Les députés européens se sont aussi accordés sur un objectif de 12 % de renouvelables dans les transports, ce qui inclut 10 % des biocarburants dits avancés ou de seconde génération, comme les biocarburants produits à partir de déchets ou des combustibles recyclés.

L’ONG Transport & Environnement (T&E) n’est toutefois pas totalement satisfaite du plafond. Si elle préférerait une élimination totale, elle se réjouit néanmoins de la décision de mettre un terme à l’utilisation d’huile de palme dans le biodiesel. Et pour cause : l’ONG estime qu’en moyenne le biodiesel d’origine alimentaire produit 80 % plus d’émissions de CO2 que le diesel fossile qu’il remplace.

Ce compromis réoriente les investissements vers des carburants d’avenir et élimine le biodiesel à base d’huile de palme, le biocarburant le plus polluant. Malheureusement, l’accord ne fait pas grand-chose pour nettoyer et éliminer progressivement les biocarburants agricoles existants, qui continueront à bénéficier d’un soutien jusqu’en 2030 .

En ce qui concerne l’industrie de l’éthanol, l’objectif de 12 % de renouvelables dans les transports laisse de la place dans le bouquet énergétique de l’Union Européenne aux biocarburants durables. L’éthanol renouvelable européen, produit à partir de cultures européennes, permet de réduire, sans effets néfastes, les émissions de gaz à effet de serre de 66 % en moyenne par rapport à l’essence fossile.

Le Parlement a voulu envoyer le message selon lequel tous les biocarburants ne sont pas nés égaux, en mettant l’accent sur l’élimination de ceux qui conduisent à la déforestation comme l’huile de palme.

Soulignons que, réagissant à la décision sur l’huile de palme, le ministre malaisien des Industries de plantation et des produits de base, Mah Siew Keong, s’est attaqué au Parlement européen et a qualifié cette décision d’« apartheid des cultures ». Selon les données de l’Association indonésienne de l’huile de palme (Gapki), la Malaisie a exporté 2,06 millions de tonnes de ce produit en 2016. Mah Siew Keong a déclaré que la décision européenne constituait une barrière commerciale protectionniste et d’une violation des engagements pris par l’UE dans le cadre de l’OMC et que le pays n’hésiterait pas à prendre des mesures correctives.