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Le scandale européen du lait pour bébé Lactalis

Le scandale du lait pour bébé Lactalis prend une tournure européenne. Le lait en poudre contaminé aux salmonelles pourrait avoir été distribué dans d’autres pays que la France et les eurodéputés s’en inquiètent.

Deux eurodéputés français ont en effet saisi la Commission européenne par le biais d’une question écrite, un mois après le début du scandale. L’affaire a été révélée le 1er décembre. Or les ventes de lait contaminé ne se sont pas arrêtées immédiatement, puisque plusieurs supermarchés ont continué à les vendre après cette date. Lactalis étant le premier groupe laitier au monde, les élus se demandent si des lots ont pu atteindre le marché européen voire mondial.

Le gouvernement français a reconnu des dysfonctionnements majeurs dans la gestion de cette crise, alors que des dizaines de bébés sont tombés malades en décembre, après la découverte du problème. N’ayant pu se mettre d’accord avec Lactalis, le gouvernement a ordonné le retrait de la vente de certains lots. Mais selon le président de l’association des familles de victimes, 65 pays pourraient potentiellement être concernés, les 600 lots ayant été interdits à la vente en France, et représentant 11 000 tonnes de lait en poudre, ayant pu potentiellement être écoulés ailleurs.

L’usine de Mayenne, à l’origine de la diffusion de ces salmonelles, a été fermée jusqu’à nouvel ordre selon le ministre de l’agriculture français. Une enquête préliminaire a été ouverte au parquet de Paris et le président de Lactalis a été convoqué.

Du côté de la filière lait, durement touché ces deux dernières années, l’inquiétude a déjà ressurgi, l’arrêt d’une usine risquant de peser sur les prix. Au Parlement européen, plusieurs eurodéputés réclament des mesures exceptionnelles de soutien à la filière en raison de la crise de confiance qui risque de se développer.

Rappelons qu’en octobre dernier, les producteurs de lait européens se sont rassemblés devant le siège de la Commission, à Bruxelles, pour exiger des mesures pour la sécurité de leurs revenus, face aux crises à répétition du secteur.