Pollen

Environnement, Europe, Santé

Déclin inquiétant des pollinisateurs

Le nombre d’insectes volants dans les zones protégées a diminué de plus de 75 % depuis 1990. Le déclin des populations d’abeilles en Europe est également dans le radar des décideurs politiques.

De 1989 à 2016, des scientifiques allemands ont récolté des échantillons d’insectes dans 96 zones naturelles protégées par an, de mars à octobre. Sur les 27 ans de l’étude, la biomasse des insectes volants ainsi récoltée a dégringolé de 76 % en moyenne, une tendance encore plus problématique à la moitié de l’été, où la chute atteint 82 %.

Les insectes volants sont pourtant une part essentielle de l’écosystème : ils pollinisent 80 % des espèces végétales et servent d’aliments à environ 60 % des oiseaux. Ils sont également une importante source de protéines pour certains mammifères, et font partie intégrante du cycle de nutriments.

Une consultation publique est ouverte jusqu’au 5 avril dans le cadre d’une initiative européenne, qui vise à enrayer le déclin inquiétant des pollinisateurs.

Lancée le 11 janvier dernier cette consultation publique porte sur les causes et les conséquences du déclin des pollinisateurs, les mesures d’atténuation possibles et la dimension européenne du problème. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative européenne entamée en décembre 2017, quand la Commission a publié sa feuille de route pour les pollinisateurs.

Si nous ne réagissons pas, nous, tout comme les générations futures, le paierons très cher, a déclaré Karmenu Vella, commissaire européen chargé de l’environnement.

Alors qu’une abeille et un papillon sur 10 sont menacés d’extinction — tout comme un bourdon sur 4 —, l’économie européenne pourrait sérieusement pâtir de cet effondrement. Chaque année, a calculé la Commission, ce sont près de 15 milliards d’euros qui sont à porter au crédit des pollinisateurs dans le domaine agricole, sans compter leur apport inestimable au processus plus large de fécondation des plantes sauvages.

Les causes de ce déclin sont multifactorielles. Dans un rapport publié en septembre 2015, l’agence française soulignait certes « des interactions entre pathogènes, par exemple entre le parasite varroa qui agit comme vecteur, mais aussi amplificateur de virus », mais aussi « entre produits chimiques, par exemple les fongicides qui inhibent la détoxification de l’organisme et accroît l’effet d’autres produits chimiques, dont les insecticides », ainsi qu’entre pathogènes et pesticides, dont semblent particulièrement friandes les abeilles.