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Recherche et développement : L’Europe, loin de ses objectifs

Bien que les États et les entreprises en Europe redoublent d’efforts pour financer la recherche et les innovations, le niveau des dépenses demeure inférieur aux objectifs fixés par Bruxelles, ce qui laisse à penser que la recherche ne fait toujours pas partie des priorités de l’Union européenne.

Selon de récents chiffres de la Commission européenne, les États membres de l’UE ont dépensé plus de 302 milliards d’euros en 2016 contre 300 milliards en 2015. Mais derrière ces chiffres relativement importants se cachent des disparités entre les pays et une stabilité dans les dépenses qui pourraient se révéler préjudiciables pour l’Europe dans la course planétaire à l’innovation.

Au classement des pays les plus engagés dans la recherche et le développement, figurent la Suède (3,25 % du PIB), largement en tête, et l’Autriche (3,09 % du PIB) suivies de l’Allemagne (2,94 % du PIB). À l’inverse, la Lettonie (0,44 %), la Roumanie (0,48 %), et Chypre (0,50 %) se placent en bas de tableau.

Sur la dernière décennie, l’intensité de R&D (*) a progressé dans 22 États membres, les plus fortes hausses étant relevées en Autriche (de 2,36 % en 2006 à 3,09 % en 2016, soit +0,73 point de pourcentage – pp) et en Belgique (+0,68 pp). En revanche, l’intensité de R&D a diminué dans 6 États membres et plus particulièrement en Finlande (de 3,34 % en 2006 à 2,75 % en 2016, soit -0,59 pp) et au Luxembourg (-0,43 pp).

Dans le cadre de la stratégie Europe 2020, les institutions européennes réaffirment régulièrement la nécessité « de convertir l’expertise scientifique de l’Europe dans des produits et services commercialisables, en recherchant l’intervention du secteur public pour stimuler le secteur privé et supprimer les goulets d’étranglement qui empêchent les idées d’atteindre le marché ».

Avec ce retard pris, la place de l’Europe dans la course à la recherche et à l’innovation pourrait se détériorer sur la scène internationale. En effet, l’intensité de R&D dans l’UE était beaucoup plus faible qu’en Corée du Sud (4,23 % en 2015), qu’au Japon (3,29 % en 2015) et qu’aux États-Unis (2,79 % en 2015).