Economie Sociale

Economie, Europe, Technologie

L’économie sociale et leur mue numérique

L’Economie sociale et solidaire (ESS) est-elle la grande oubliée de la transition numérique qui s’opère à l’échelle mondiale et particulièrement en Europe ? Une initiative franco-portugaise demande en tout cas aux instances bruxelloises un véritable soutien au secteur dans ce domaine, à l’heure où les apports des nouvelles technologies se mesurent essentiellement en gains de temps ou en croissance du chiffre d’affaires.

Dans les travées du Web Summit, qui s’est tenu à Lisbonne du 6 au 9 novembre, il y avait évidemment les légions d’entrepreneurs venus approcher d’éventuels investisseurs. Les dirigeants politiques venus mettre en garde contre les méfaits d’une technologie mal maîtrisée. Les représentants de grandes rédactions venus exorciser un avenir qu’on leur promet dominé par les champions de la Silicon Valley, mais aussi une vingtaine de représentants du secteur de l’Economie sociale et solidaire (ESS), ce pan de l’économie qui rassemble associations, coopératives, mutuelles, fondations mais aussi les entreprises animées par la recherche de l’utilité sociale plutôt que de la rentabilité et du profit.

Rappelons que l’économie sociale et solidaire pèse pour 10 % de la richesse produite au sein de l’Union européenne (UE). Elle est aussi à l’origine de la création d’un quart des emplois sur le continent. Mais elle souffre encore d’un déficit d’image dans certains pays et se voit désormais confrontée, à l’instar de l’ensemble des secteurs, à un impératif d’adaptation aux évolutions technologiques.

De ce constat est né l’idée d’un manifeste européen pour que les instances européennes reconnaissent et promeuvent les initiatives innovantes dans le secteur de l’Economie sociale et solidaire.

Le manifeste, disponible à la signature sur Internet, préconise ainsi de dégager des « lignes budgétaires » dans le programme de recherche européen ou encore de favoriser le lien entreprises-associations pour faciliter la transition numérique de ces dernières.

L’année dernière, le rapport du groupe d’experts de la Commission sur l’entrepreneuriat social (GECES) préconisait lui aussi de soutenir la représentation de la communauté de l’entrepreneuriat social au niveau de l’Union et de promouvoir le partage des connaissances entre les entreprises traditionnelles et les entreprises sociales.

Si le manifeste est adressé à la commissaire européenne pour l’Economie et la société numériques, Mariya Gabriel, l’ensemble des grandes entreprises de la Tech sont incitées elles-aussi à appuyer le mouvement. Dans le secteur du numérique, la volonté d’agir est, elle aussi, clairement affichée devant des initiatives à vocation sociale qui bourgeonnent à travers le continent et qui ne doivent pas être excluent des domaines hyperconnectés.