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Brexit, Europe, Politique

Hard Brexit, la facture de la sortie s’annonce salée pour tous

Selon une étude Ifo, le coût du Brexit, dont les négociations sur le volet financier sont en cours, pourrait être bien plus élevé que prévu, notamment en raison des coûts de transactions. 16 milliards d’euros par an pour la Grande-Bretagne et 44 milliards d’euros par an pour les autres pays membres de l’UE sont les chiffres annoncés.

Ce montant pourrait même s’élever à 60 milliards d’euros par an. La presse britannique ayant, quant à elle, évoqué un chiffre compris entre 45 et 55 milliards d’euros. Chiffre démenti la semaine dernière par le négociateur en chef de l’UE sur le Brexit, Michel Barnier, rappelant que pour le moment aucun accord n’avait été conclu.

Le chiffre avancé par l’Ifo se base sur les projections faites par les experts du réseau de recherche EconPol, rattaché à l’institut, en prenant un scénario de référence qui évaluent le coût des transactions en appliquant les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La nouveauté de l’estimation est d’évaluer le préjudice économique du Brexit non seulement pour la Grande-Bretagne, mais aussi pour les 27 pays membres de l’Union européenne. En effet, si du côté de la Grande-Bretagne, les coûts de transaction seront supérieurs aux premières évaluations, du côté du vieux continent, ce même retrait se soldera par une énorme perte.

Cette facture pourrait néanmoins être réduite si les deux parties s’accordaient sur un autre scénario. « Avec un accord de libre-échange, les frais supplémentaires occasionnés par la détérioration du commerce pourraient être réduits de plus de la moitié », explique le président de l’Institut ifo Clemens Fuest, dans un communiqué. Dans un tel scénario, les pertes totales pour l’UE s’élèveraient à 27 milliards d’euros, et la Grande-Bretagne se rapprocherait d’une opération neutre, la suspension de la contribution nette au budget de l’UE compensant plus ou moins l’augmentation des coûts de transaction pour la Grande-Bretagne.

La question irlandaise complique aussi l’accord entre Londres et Bruxelles. Dublin réclame en effet de Londres des garanties écrites qu’une frontière « en dur », ne sera pas reconstituée à la frontière avec l’Irlande du Nord. La République d’Irlande craint, outre de forts préjudices pour les échanges commerciaux, intenses entre les deux parties de l’île, que cette frontière ne fragilise les accords de paix de 1998.