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Europe, Technologie

Bitcoin et darknet sont les outils des dealers européens

Le démantèlement de plateformes de vente de drogue en ligne l’été dernier a fait ressortir le rôle primordial des Européens dans l’E-commerce de substances illégales.

Ainsi, en août 2016, les douanes finlandaises ont démantelé un réseau important de trafiquants de drogues. Au cours de l’opération, les autorités ont pu estimer que, depuis 2014, ce réseau avait distribué jusqu’à 40 000 tablettes d’ecstasy, 30 000 de LSD et près de 40 kg d’autres substances comme de la cocaïne ou de la MDMA.

Si ces quantités ne sont pas négligeables, c’est surtout le mode opératoire de ces trafiquants qui interpelle les autorités, tant il brise les stéréotypes du « dealer » traditionnel, loin des cages d’escaliers et autres coins de rue.

Dans ce contexte, l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) et Europol ont rendu un nouveau rapport intitulé « drugs and the darknet ». L’étude constate qu’en plein boum, la numérisation du trafic s’est en réalité organisée dès 2012. L’apparition de plateformes de vente sur internet, Alphabay et Hansa, toutes deux démantelées en juillet 2017, a convaincu les narcotrafiquants européens de se détourner du mano a mano pour se placer sur le E-commerce.

Inutile de chercher ces marchés sur Google. Ils sont implantés sur le darknet, un réseau indépendant de l’internet public. Y accéder n’est cependant pas si complexe : il suffit de télécharger un logiciel gratuit, Tor par exemple, pour pouvoir accéder à Grams, un moteur de recherche ressemblant comme deux gouttes d’eau à Google. Ces marchés fonctionnent exactement comme Ebay ou Amazon : les acheteurs évaluent la fiabilité des vendeurs et postent des commentaires. Le trafic de drogue constitue la majeure partie des échanges effectués sur ces plateformes.

L’Observatoire européen identifie de façon pragmatique les avantages du darknet, qui font le succès du trafic en ligne : la confidentialité, l’anonymat, l’intégrité des échanges et la sécurité des paiements grâce aux bitcoins. Ce trafic de drogue en ligne affecte désormais tous les États membres. Trois pays sont principalement touchés par le phénomène : l’Allemagne, l’Angleterre et les Pays-Bas. L’Europe concentre près de la moitié des revenus mondiaux liés au trafic en ligne, avec 79 millions d’euros générés entre 2011 et 2015.

Le rapport appelle donc à plus de collaboration et de coordination entre les services de police des différents États membres et se prononce en faveur d’une formation européenne relative à la cybercriminalité et d’une harmonisation du cadre légal relatif aux enquêtes sur internet.