Economie, Emploi, Société

La Commission souhaite pallier la stagnation des salaires

La Commission demande aux Etats-membres de pallier la stagnation des salaires. L’Union européenne veut en effet faire de la croissance des salaires une priorité car le retour modeste de la croissance dans plusieurs Etats-membres pourrait être amplifié par une hausse de la consommation.

S’exprimant devant le Parlement européen le 20 novembre, le président de la BCE, Mario Draghi, a déclaré que la banque n’avait toujours pas trouvé de « preuves convaincantes » pour expliquer la stagnation des salaires en Europe. Une des explications possibles, selon lui, serait la faible productivité, la priorité donnée par les employés à la sécurité de l’emploi plutôt qu’au salaire, et des négociations sur les salaires qui vont à reculons.

Malgré une cinquième année de reprise économique, les salaires n’ont augmenté que de 1,6 % à la fin de l’année dernière, soit bien en dessous de la moyenne historique de 2,1 %.

Dans le cadre du paquet automne du semestre européen, la Commission a évalué les plans budgétaires de tous les pays de la zone euro, sauf de la Grèce. Cinq des 16 pays ayant un déficit en dessous du seuil des 3 % du PIB ont un risque de non-respect des plans budgétaires. Mais seule l’Italie préoccupe véritablement la Commission, étant donné « le niveau constamment élevé de la dette publique ».

Quant à l’Espagne, qui a été accusée d’enfreindre les règles budgétaires l’année dernière, pourrait sortir de la procédure de déficit en 2018. Son budget est conforme avec les exigences de l’UE même s’il ne prend pas en compte la crise catalane.

Dans une série de documents présentés le 22 novembre dernier, la Commission constate que si les recettes des entreprises augmentent et que les gouvernements ont plus de marge de manœuvre pour renforcer les finances publiques, les citoyens ne ressentent pas cette embellie. Pour 2018, l’institution souhaite donc mettre fortement l’accent sur une croissance inclusive et sur le renforcement de la dimension sociale. Un choix qui se reflète dans l’examen annuel de la croissance, le document qui établit les priorités qui encadreront les recommandations pays par pays qui seront adressées aux capitales au printemps prochain.

« Il faut continuer à soutenir la reprise, notamment via des réformes structurelles créant les conditions pour stimuler les investissements et la croissance réelle des salaires ainsi que rééquilibrer les comptes internes et externes de la zone euro », indiquent les documents.

Ces derniers mettent particulièrement l’accent sur les politiques visant « à aider les employés à acquérir des compétences, à promouvoir l’égalité des chances sur le marché du travail et des conditions équitables, à accroître la productivité pour soutenir la hausse des salaires et à développer des systèmes de protection sociale adéquats.