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Environnement : le numérique, un poison ?

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) souligne les avantages et les inconvénients de la numérisation croissante du monde de l’énergie. Avec la décarbonation, l’arrivée du numérique est la deuxième mutation que subit le secteur de l’énergie.

Comme dans de nombreux secteurs, c’est l’arrivée d’internet qui a tout changé. La révolution du web ouvre la porte à des milliards d’objets connectés qui communiqueront entre eux. Domotique économe, imprimantes 3D connectées, elle facilitera aussi l’autodiagnostic des véhicules électriques, permettra d’adapter la consommation d’électricité à la production pour éviter les black-out et aidera à contrer les cyber-attaques. Revers de la médaille, une question se pose néanmoins : cette évolution est-elle souhaitable pour l’environnement ?

Outre, le fait que l’’arrivée en masse des robots énergétiques ne sera pas non plus sans conséquence pour l’emploi, le numérique va contribuer aussi au renforcement de l’effet de serre. En 2015, les centres de données et les réseaux de télécommunication consommaient près de 300 térawattheures par an d’électricité. De quoi expédier dans l’atmosphère 300 millions de tonnes de CO2 par an. Or, le nombre de data centers devrait tripler entre 2015 et 2020 et le développement de l’internet mobile devrait fortement accroître l’appétit énergivore des réseaux.

Autre coup porté au climat : le soutien aux industries pétrolières. Les producteurs de pétrole et de gaz (y compris de schiste) nourrissent de grands espoirs numériques. Une meilleure modélisation informatique des structures géologiques renfermant des hydrocarbures devrait permettre d’augmenter de 5% les réserves effectivement récupérables de gaz et de pétrole. Ce qui n’est pas bon pour notre budget carbone, limité à 800 Mdt CO2 pour stabiliser le réchauffement à 2°C.

Dans l’énergie comme ailleurs, le numérique est donc capable des meilleures avancées comme des pires, souligne l’Agence Internationale de l’Energie. Il appartient donc au pouvoir politique de fixer la place des curseurs.

A demain pour une autre information à l’Europe. Nous parlerons discrimination, un sujet récurrent dans l’actualité internationale. D’ici-là, portez-vous bien !

Alessandra D’Angelo.