Puigdemont

Espagne, Europe

Breaking News – Affaire Puidgemont

Breaking News – Affaire Puidgemont : En résumé, la position des deux camps
Sous le coup d’un mandat d’arrêt européen, le président déchu de l’exécutif catalan a annoncé, ce vendredi 3 novembre, qu’il n’avait pas l’intention de fuir la justice espagnole, mais qu’il entendait assurer sa défense au départ de la Belgique. En résumé, l’avis des deux camps dans un dialogue de sourds tendu :
1. Pour Madrid, la question est purement judiciaire :
Le parquet espagnol a requis la prison pour 8 des 14 membres du gouvernement catalan destitué qui se sont présentés à leur convocation à Madrid. La justice espagnole les poursuit pour sédition, rébellion et détournement de fonds publics après l’organisation d’un référendum interdit sur l’autodétermination de la Catalogne. La déclaration unilatérale d’indépendance est illégale. Les membres du parlement catalan n’ont pas respecté la loi électorale et la Constitution.
2. Pour les indépendantistes, la question est politique :
La résolution proclamant la Catalogne « État indépendant prenant la forme d’une République » a été approuvée vendredi après-midi par 70 députés catalans sur 135. Pour Puidgemont, en refusant ce résultat, le gouvernement Rajoy s’abriterait derrière des raisons judiciaires pour masquer « une purge politique ». Le président déchu dénonce un procès politique.
Une nouvelle audition des membre du gouvernement catalan destitué est prévue à Madrid le 9 novembre prochain.
De son côté, Carlos Puidgemont risque 30 ans de prison pour rébellion.
C’est Maître Paul Bekaert, spécialisé dans les questions liées aux droits de l’homme et au droit d’asile, qui défend les intérêts de Puidgemont au départ de la Belgique.
L’homme possède une solide expérience en matière d’extradition et d’asile politique de basques espagnols. Il est déjà connu en Espagne pour avoir défendu plusieurs membres du groupe terroriste ETA détenus en Belgique et pour lesquels les autorités espagnoles avaient demandé l’extradition.
C’est le cas dans l’affaire Moreno-García, collaborateurs présumés de l’ETA et arrêtés à Bruxelles en 1993. Ce couple belge d’origine basque était soupçonné d’avoir caché un commando de leur organisation, responsable de la mort d’un policier. L’Espagne avait demandé leur extradition, une demande refusée par Bruxelles, ce qui avait déclenché un incident politique entre les deux pays.
Un autre de ses cas les plus connus concerne toujours l’ETA. En 2013, Maria Natividad Jáuregui, résidente de Gand, alias « Pepona », a été interpellée dans le cadre de deux mandats d’arrêt européens, l’un pour assassinat et l’autre pour terrorisme. Mais la Belgique avait refusé de la livrer aux autorités espagnoles et pris la décision de la libérer.
En 2000, l’avocat a également défendu la militante kurde Fehriye Erdal, membre du groupe extremiste DHKP-C, considérée comme une organisation terroriste. Elle a été condamnée à 15 ans de prison pour l’assassinat de trois personnes, dont l’homme d’affaires turc Ozdemir Sabanci.
Le choix de Paul Bekaert par Carlos Puidgemont n’est donc pas innocent. Il pourrait faire remonter à la surface de vieilles tensions belgo-espagnoles.
Suite au prochain épisode d’une bataille qui s’annonce très rude, avec des répercutions éventuelles à ne pas négliger à l’Europe ….