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Le rail européen débridé désole la Cour des Compte

Le système de signalisation ferroviaire européen, clé de voûte des efforts européens pour la facilitation du trafic ferroviaire dans l’union, est trop lent, estime la Cour des comptes européenne dans un récent rapport.

Actuellement, la trentaine de systèmes européens de gestion du trafic ferroviaire ne sont toujours pas compatible et les Etats rechignent à investir. Et pourtant, pour assister les États membres lors de cette harmonisation, 1,2 milliard d’euros ont été alloués au projet par le budget européen, entre 2007 et 2013, auquel s’ajoutent 2,7 milliards pour la période suivante, soit 014-2020.

Pour rappel, la Commission a validé le projet de déploiement d’un réseau intégré depuis 2009 déjà et l’a enrichi depuis de lignes directrices en 2013. Celles-ci déterminaient neuf couloirs principaux de réseaux et prévoyaient l’application du système à ces couloirs avant 2030.

Pourtant, le projet n’est à l’heure actuelle appliqué qu’à environ 8 % des lignes ferroviaires européennes, indique la Cour des comptes. Et pas moins de 13 pays, dont la Suède, la Finlande et l’Estonie, n’ont encore introduit aucune partie du système.

La situation actuelle compromet donc non seulement la réalisation des objectifs chiffrés fixés pour 2030 en matière de déploiement, mais fragilise aussi la création d’un espace ferroviaire unique, l’un des principaux objectifs stratégiques de la Commission européenne.

Le rapport de la Cour des comptes explique également que si le concept d’un système de signalisation harmonisé n’est généralement pas remis en question, nombre de gestionnaires d’infrastructures et d’entreprises ferroviaires freinent à investir dans les équipements nécessaires, en raison des coûts élevés que cela implique et du manque d’argument commercial évident.

Pour assurer une meilleure transition vers un système unifié, le rapport de la Cour des comptes contient donc huit recommandations pour la Commission, suggérant notamment que l’exécutif et les États membres commencent par analyser le coût total du déploiement su système, puis se fixent des objectifs chiffrés réalistes, coordonnés et juridiquement contraignants pour le démantèlement des systèmes de signalisation nationaux.

 

Alessandra d’Angelo.