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Recrudescence des violences discriminatoires

Propos haineux, actes racistes, violence antisémite, agressions de personnes LGBTI : depuis quelques années, les violences discriminatoires montent en flèche.

Récemment encore, À Charlottesville, en août dernier, une manifestation raciste a suscité une indignation générale tant aux Etats-Unis que dans le monde entier. À commencer par l’Europe, dont les chefs d’État ont été les premiers à condamner le président américain pour n’avoir pas clairement dénoncé le racisme de l’extrême-droite américaine.

Or, « Le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et l’islamophobie sont des poisons pour nos sociétés », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. « la tolérance, le respect de l’autre, l’importance de la reconnaissance de la diversité sont des principes fondamentaux dans l’Europe des Lumières ».

Mais l’incident de Charlottesville n’est pas isolé, et les violences discriminatoires ne sont pas l’apanage des États-Unis. Les données officielles montrent une recrudescence des actes de violence antisémite dans une majorité d’États membres de l’UE, entre 2005 à 2015.

L’Union Européenne possède bien des lois contre le racisme et la xénophobie, qui montrent clairement leurs limites : peu appliquées, elles s’avèrent aussi peu dissuasives.

Cette tendance inquiète fortement la Commission européenne. En juin 2016, Věra Jourová, commissaire en charge de la Justice, a donc lancé un groupe de travail de haut niveau estimant que « la situation actuelle est un défi sociétal sans précédent pour l’Europe ». La plateforme a pour but d’accroître les synergies entre toutes les parties prenantes, de développer des stratégies pour lutter contre le racisme et l’intolérance et de collecter les données sur les crimes haineux.

Věra Jourová souhaite également que les États membres criminalise au niveau national les discours incitant à la haine, qu’elle soit raciale ou religieuse.

Côté réseaux sociaux, « Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter des tragédies comme celle-ci de se reproduire », a déclaré le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, il y a quelques mois lorsqu’un homme a posté une vidéo de lui en train d’assassiner quelqu’un en direct sur le réseau social. Le géant en ligne a fait l’objet de vives critiques, car la vidéo n’a été supprimée par Facebook que deux heures plus tard. Durant ce laps de temps, 22 000 personnes ont visionné la vidéo et 1 200 personnes l’ont partagée. Et cet incident est loin d’être un cas isolé.

Alessandra d’Angelo