Bruxelles, Europe, mobilité

80 millions de voitures en moins en Europe d’ici 2030

C’est une étude qui pourrait inquiéter les constructeurs d’automobiles. Selon le cabinet PricewaterhouseCoopers, le parc de voitures privées en circulation pourrait baisser de 80 millions en Europe d’ici 2030 et passer de 280 à 200 millions d’unités, et ce, en raison de la progression de l’autopartage, une tendance visible en ville comme à la campagne.

La relation entre l’individu et l’automobile change. De la notion de propriété on passe à celui de partage. Et c’est le développement de l’électrification et de la conduite autonome qui va doper le recours à la conduite partagée. La voiture personnelle va devenir un concept de mobilité parmi d’autres dans l’offre de mobilité. Un chamboulement fondamental qui pourrait être fatal aux constructeurs trop petits pour investir dans les nouvelles technologies et se maintenir sur ce nouveau segment de marché.

Pour autant, pas de rapides réjouissances, les routes seront toujours aussi peuplées car, dans le même temps, le trafic va augmenter. Les voitures partagées, en effet, seront bien plus utilisées que des véhicules détenus en propre.

Concrètement, certains parcours seront effectués à vide, quand un ‘taxi-robot’ ira chercher son client par exemple. Un véhicule partagé roulera en moyenne 58.000 kilomètres par an, grosso modo l’équivalent d’un taxi, contre 13.230 kilomètres par an pour une voiture non partagée. Avec pour conséquence qu’une voiture partagée sera à remplacer plus souvent, tous les 3,9 années, contre toutes les 17,3 années pour une voiture individuelle.

Le nombre d’immatriculations annuelles en Europe devrait lui de ce fait augmenter d’un tiers en 2030, pour passer à 24 millions d’unités, malgré un parc automobile privé globalement plus restreint.

Reste à faire accepter de nouveaux principes de mobilité, à commencer par le fait de partager son véhicule avec d’autres personnes, ce qui ne semble pas encore être tout-à-fait la mentalité européenne. A titre d’exemple, 54% des Allemands l’excluent totalement, quand 84% des Chinois disent être prêts.

 

Alessandra d’Angelo.