Europe, Numérique

Répression virtuelle des contenus haineux

La Commission européenne rappelle aux Etats-membres de criminaliser les discours incitant à la haine, qu’elle soit raciale ou religieuse. Une demande déjà formulée en 2015 pour lutter contre l’islamophobie et l’antisémitisme.

Facebook et YouTube prennent d’ailleurs le relais et intensifient leur lutte contre les contenus web agressifs ciblant les musulmans, les migrants et les juifs qui sont encore trop fréquents. La Commission européenne vient de publier les résultats d’une enquête montrant comment ces plateformes en ligne luttaient efficacement contre les discours extrêmes, même si dans la pratique la répression n’est pas aisée. Il y a quelques mois encore le géant Facebook a fait l’objet de vives critiques lorsqu’un homme a posté une vidéo de lui en train d’assassiner quelqu’un en direct sur le réseau social. La vidéo n’a été supprimée que deux heures plus tard. Durant ce laps de temps, 22 000 personnes l’ont visionné et 1 200 personnes l’ont partagée. Un cas qui n’est pas isolé.

Pour améliorer la traçabilité et la suppression de ces contenus, en mai 2016, la Commission européenne a adopté un code de conduite obligeant les sociétés en ligne à examiner les publications signalées le plus vite possible et à les supprimer immédiatement, si nécessaire. Le code n’est pas contraignant, mais les sociétés comme Facebook, Twitter ou YouTube se sont engagées à le respecter.

La première évaluation du respect du code a eu lieu en décembre dernier et les résultats n’étaient pas vraiment positifs. Par exemple, en Italie, seuls 4 % du contenu préjudiciable avait été supprimé d’Internet à cette date. Par contre, suite à une seconde évaluation réalisée au début de cette année, l’efficacité et la rapidité de la suppression des contenus haineux semblent considérablement augmenté dans certains Etats-Membres. Ainsi, en Allemagne, un nouveau projet de loi prévoit de condamner à une amende pouvant aller jusqu’à 50 millions d’euros les médias sociaux qui ne suppriment pas les discours haineux. La Commission européenne réfléchit à une proposition similaire qui serait applicable à l’ensemble de l’Union.

En ce qui concerne les réseaux sociaux, une belle progression est également constatée. Aujourd’hui, Facebook supprime les contenus illégaux dans 66,5 % des cas. En décembre, le géant des réseaux sociaux ne se situait qu’à 28 %. Twitter aussi a aussi fait des progrès. L’oiseau bleu parvient à supprimer efficacement 37 % des contenus néfastes alors qu’il y a six mois, il n’en supprimait que 19 %. YouTube efface quant à lui les contenus préjudiciables dans deux tiers des cas.

Enfin, l’éducation des internautes à un bon usage des réseaux sociaux reste un élément-levier dans la lutte contre la haine en ligne. Dans un contexte de montée des populisme et crise migratoire, les réfugiés, les migrants et les musulmans sont la cible de 40 % des contenus haineux en ligne.