Défense, Europe, Sécurité

L’Union Européenne veut consacrer 40 milliards d’Euro à la Défense

La Commission européenne suggère de mobiliser 39 milliards d’euros d’ici à 2027 pour soutenir le développement de capacités militaires communes. Et mettre en place une clause de solidarité pour faire face aux cyber-attaques. Face à des menaces, anciennes et nouvelles, grandissantes et à un équipement militaire devenant un fardeau coûteux pour les budgets nationaux limités, l’Europe est toujours à la traine dans le domaine de la défense.

Même si les États membres de l’UE ont dépensé 2 % du PIB dans ce domaine, un engagement que les partenaires de l’OTAN essayent de respecter, « ce n’est pas suffisant, sauf si nous faisons les choses différemment », a insisté le commissaire responsable.

Pour commencer, la Commission propose un Fonds européen de la défense, ayant pour objectif d’éviter le dédoublement des dépenses militaires en mettant les ressources en commun. L’exécutif européen indique que 80 % de l’approvisionnement et plus de 90 % de la recherche sont gérés au sein des frontières nationales. Si les ressources étaient mises en commun, près d’un tiers des dépenses nationales pour la défense seraient économisées.

Les doublons et l’absence de normes font obstacle à la capacité européenne de déploiement de troupes. Ainsi, les États-Unis dépensent deux fois plus que l’UE dans son armée et sont capables d’envoyer 200 000 soldats sur le terrain, alors que l’UE ne peut mobiliser que 40 000 hommes, selon Jyrki Katainen.Afin d’éviter les chevauchements et les divergences, la Commission utilisera le fonds européen pour accroître la coopération des États membres sur la recherche et le développement de nouveaux prototypes.

L’institution propose 500 millions d’euros pour la recherche pour 2019 et 2020, date à laquelle se termine le cadre financier pluriannuel actuel.

Pour le prochain budget européen à long terme (2021-2027), la Commission allouera 500 millions d’euros par an à la recherche dans la défense, et un autre milliard d’euros par an au cofinancement pour aider les États membres à transformer leurs innovations potentielles en prototypes.

Dernièrement, l’UE aspire également à prendre en main sa propre défense après des années de dépendance vis-à-vis de la protection américaine à travers l’OTAN. Les avancées de cette approche progressive sont toutefois loin d’être certaines. Les États membres et le Parlement européen devront en effet approuver l’augmentation du budget pour la défense et la sécurité à une période où le cadre pluriannuel post-2020 sera « très limité ».

Après la sortie du Royaume-Uni, l’UE aura un budget plus restreint, mais devra faire face à plus de priorités.