Economie, Europe

L’autorité bancaire appelle à des stress tests plus durs l’an prochain pour les banques

L’ABE, l’autorité bancaire européenne, veut en effet appliquer des règles plus strictes sur les créances douteuses, les amendes et les turbulences de marchés encaissées par les établissements de l’Union Européenne.
Selon l’ABE, une dégradation brutale de l’environnement économique ne saurait résumer les tempêtes qui peuvent balayer une banque. Cette conviction ressort du document de méthodologie qu’elle vient de publier en prévision des prochains tests de résistance en 2018, auxquels seront soumises 49 banques de l’Union européenne. Ces « stress tests » comporteront ainsi des conditions plus strictes pour la prise en compte des pratiques contraires aux règlements.
Dans ce document aride de 130 pages, on apprend par exemple que les normes comptables seront plus strictes et qu’il sera désormais impossible de comptabiliser par anticipation des ventes d’actifs ou autres rentrées de capitaux qui n’auraient pas été réalisées au 31 décembre 2017. L’an dernier, le traitement de faveur réservé à la Deutsche Bank, qui avait pu comptabiliser la cession de ses parts dans la banque chinoise Hua Xia pour 3,2 milliards d’euros avant même sa réalisation effective, dopant ainsi ses ratios de solvabilité, avait été vertement critiqué.
Entre le sauvetage in extremis de l’espagnole Banco Popular, plombée par ses 37 milliards d’euros d’actifs immobiliers toxiques, la recapitalisation « préventive » par l’État italien de Monte Paschi, au bilan grevé de créances douteuses, après l’échec de son appel aux marchés, et le mouvement de panique des investisseurs qui a failli emporter Deutsche Bank à l’annonce d’une amende de 14 milliards de dollars des autorités américaines (finalement ramenée à 7,2 milliards), les événements récents lui donnent raison.
L’Autorité bancaire soumet aujourd’hui à consultation publique ce document qui détaille toute la panoplie des risques et des scénarios-chocs, économiques et opérationnels, pouvant impacter les banques.
En janvier 2018, les banques européennes devront se conformer à une nouvelle règle comptable, connue sous le nom IFRS 9, qui les forcera à inscrire des provisions beaucoup plus tôt qu’actuellement pour des prêts risquant de devenir toxiques et devrait les contraindre à renforcer encore les fonds propres, potentiellement de 30%. Par ailleurs, les « stress tests » de 2018 seront probablement les derniers menés par l’Autorité depuis son siège de Londres. Car les dirigeants européens veulent transférer l’ABE hors du Royaume-Uni après le Brexit et plusieurs capitales sont sur les rangs, notamment Paris et Francfort.