Economie, Europe

Le projet de revenu universel augmenterait le risque de pauvreté

Si la Finlande a lancé une période de test de 2 ans en termes de revenu universel, paradoxalement, l’instauration d’un tel revenu ferait beaucoup de perdants y compris chez les pauvres, estime l’OCDE, sauf à augmenter de façon inconsidérée les dépenses publiques.

L’intérêt de l’étude que publie l’organisation internationale et élaborée par des économistes et statisticiens montrent l’ampleur des sommes à dégager et à transférer entre ménages, pour parvenir à un résultat finalement beaucoup moins satisfaisant qu’attendu.

Pourquoi le résultat serait-il décevant ? Il l’est notamment en termes de lutte contre la pauvreté, ce qui est évidemment l’objectif affiché par les défenseurs du revenu universel. Si l’on prend l’hypothèse d’un revenu universel équivalent à l’actuel RSA, mais distribué à toute la population en âge de travailler, le montant à financer atteindrait la bagatelle de 338,3 milliards d’euros, estime l’OCDE.

116,3 milliards pourraient provenir de la suppression d’actuelles prestations -allocations familiales, chômage, indemnités journalières maladie-, 112 milliards proviendraient d’un rendement supérieur de l’impôt sur le revenu, avec une taxation dès les revenus les plus faibles, l’hypothèse étant faite d’une neutralité budgétaire, c’est-à-dire d’une réforme n’aggravant pas le déficit. Ce chiffrage ne fait que confirmer les montants exorbitants évoqués à devoir débourser.

Les perdants ne seront pas que les pauvres, poursuit l’OCDE, mais toutes les catégories de revenus. Ainsi, les « riches » devraient payer plus d’impôt et les classent moyennes comme les personnes les plus défavorisées, qui représentent plus de 30% des ménages modestes sortiraient les plus perdants. Ce résultat est bien évidemment contraire à l’objectif de l’instauration d’un revenu universel.

Mais là n’est pas le plus surprenant. Le revenu universel ne compensera pas la robotisation du travail, du moins pas encore, ont décidé les eurodéputés, le parlement ayant d’ailleurs récemment rejeté cette idée de revenu universel.

L’OCDE suggère donc la piste d’un « revenu de base partiel ». Par exemple, en réduisant le nombre de bénéficiaires de ce ou en le limitant dans la durée.