FAKE rubber stamp. Part of a rubber stamp series.

Europe, Numérique

Le parlement européen souhaite désamorcer les fake news par l’éducation.


Le pape François soutient Donald Trump, l’État islamique appelle les Américains musulmans à voter pour Hillary Clinton, cette dernière commandite un réseau pédophile depuis son QG dans une pizzeria de Washington : durant la campagne électorale américaine, les « fake news » ont pullulé sur réseaux sociaux, principale source d’information des jeunes, et se sont vite retrouvées au cœur du débat.

Pour remédier aux discours haineux et à la désinformation, qui se propagent comme une trainée de poudre, les eurodéputés veulent chercher des solutions dans l’éducation, plutôt que dans le contrôle technologique. La rhétorique est, en effet, dangereuse et l’écart se creuse entre les médias sérieux respectant une déontologie rigoureuse et les personnes qui répandent de fausses informations non vérifiées.

Dans son rapport annuel, Amnesty International estime que 2016 était l’année des discours de la diabolisation, avec des stéréotypes discriminatoires véhiculés en fonction de la race, du genre, de la religion et le rejet de l’autre et des minorités sont désormais monnaie courante. Et la misogynie arrive en tête, avec une femme insultée toutes les 10 secondes sur internet.

Les eurodéputés rappellent l’importance de préserver une liberté d’expression, mais dans le respect du droit des personnes. Et la solution privilégiée est l’éducation. Les informations circulent en temps réel et les plateformes n’ont pas le temps de vérifier la véracité des informations. Par conséquent, les utilisateurs, souvent attirés par le sensationnalisme, s’empressent de diffuser l’information, souvent sans contexte et sans analyse. Il est donc indispensable d’apprendre aux nouvelles générations de repérer le vrai du faux, avec sens critique. L’analyse des médias doit s’inscrire dans les cursus scolaires. Il est également indispensable à l’ère de l’économie numérique, d’améliorer l’alphabétisation aux médias et aux pensées politiques. Comme il est primordial de mieux communiquer sur la démocratie, l’état de droit, la protection des minorités et des droits fondamentaux, afin d’éviter l’établissement d’un ministère de la Vérité. La Silicon Valey ne peut pas être le maître de nos idées. Elle en deviendrait censure alternative.

Face à la difficulté d’imposer un cadre juridique contraignant dans une situation où quiconque peut détourner la vérité selon ses objectifs politiques ou autres, les législateurs ont affirmé que la déontologie journalistique, qui se base principalement sur l’exactitude des faits et la vérification, devait s’étendre à tous les acteurs en ligne.

La Commission devrait présenter ses propositions et ses conclusions le 10 mai prochain, dans le cadre de la révision à moyen terme du marché unique numérique.