Environnement, Europe, Santé

Le gaspillage alimentaire est le sujet du jour !

88 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans l’Union européenne, soit une moyenne de 173 kg par personne. Le plus important gaspillage alimentaire est observé aux Pays-Bas (541 kg par habitant et par an) et en Belgique (345 kg) ; le plus faible en Slovénie (72 kg), à Malte et en Roumanie (76 kg). Les ménages contribuent à l’heure actuelle à 53 % au gaspillage alimentaire. Les européens jettent en moyenne 20% de la nourriture qu’ils achètent. La production et l’élimination de ces déchets alimentaires conduisent à l’émission de 170 millions de tonnes de CO2 et à la consommation de 261 millions de tonnes de ressources. Cela engendre, en outre, des coûts estimés à 143 milliards d’euros.

Le gaspillage alimentaire, en plus d’avoir un impact sur l’environnement, soulève donc aussi des questions économiques et éthiques. La commission parlementaire de l’environnement a adopté ce mardi 11 avril de nouvelles mesures visant à réduire ce phénomène de moitié d’ici 2030. Les denrées alimentaires étant pour la plupart gaspillées dans les derniers maillons de la chaîne, les députés de la commission environnement ont exhorté la Commission à lever les restrictions actuelles sur les dons alimentaires et ont rappelé la nécessité de trouver une solution à la confusion créée dans l’esprit de nombreux consommateurs par les mentions ‘‘à consommer de préférence avant le’’ et ‘‘à consommer jusqu’au’’. Ils ont également suggéré qu’il conviendrait d’évaluer les bénéfices potentiels du retrait de certaines dates sur les produits qui ne présentent aucun risque pour la santé et l’environnement.

La Commission devrait enfin proposer une modification de la directive TVA qui autoriserait de façon explicite les exonérations fiscales sur les dons alimentaires. Le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) devrait être renforcé afin de financer les coûts de collecte, de transport, de stockage et de distribution des dons alimentaires. Une législation du type ‘‘bon Samaritain’’, au niveau de l’UE, pourrait permettre d’augmenter les volumes de dons alimentaires et ainsi réduire le gaspillage, sans compromettre les normes actuelles en matière de sécurité alimentaire.

Les eurodéputés appellent les États membres à réduire le gaspillage alimentaire de 30% d’ici à 2025 et de 50% d’ici à 2030, comme l’indique l’objectif du Parlement inscrit dans sa législation sur les déchets votée en mars.