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Banques européennes et stabilité des marchés.

Le FMI appelle les banques européennes à encore plus d’efforts. Leur faible profitabilité fait encore peser des risques, estime le récent rapport de stabilité publié au début de ce printemps.

Le rebond de 40%, en moyenne, des cours de bourse des banques européennes depuis la mi-2016 illustre toutefois, toujours selon le selon le Fonds monétaire international, les «progrès substantiels» réalisés par le secteur. Les « ratios de capital ont été augmentés », des «banques ont été récemment recapitalisées au Portugal ou en Italie», le secteur «fait moins appel aux financements de court terme», tandis que la «régulation a été renforcée» et «la supervision améliorée».

Mais selon l’institution, le secteur bancaire européen doit aller plus loin. «La faible profitabilité persistante» des banques reste «une préoccupation pour la stabilité du système». De petits bénéfices ne permettent pas de se prémunir de chocs externes, rappelle le FMI.

De même, avec des retours sur fonds propres (RoE) trop faibles, les banques ont moins de chance d’attirer les investisseurs en cas de recapitalisation. Fin 2016, 53% des banques européennes avait un RoE jugé faible par le FMI, soit inférieur à 8%. Il était supérieur à 10% pour seulement moins d’une banque sur six.

Pour les banques présentes simplement sur leur marché domestique, la proportion de RoE inférieur à 8% atteint même 75%, ce qui incite le FMI à rappeler la nécessaire concentration du secteur dans certains pays pour contribuer à réduire la pression sur les revenus. 88% des banques coopératives ou d’épargne européennes, sur le modèle des Landesbanken allemandes, ont par exemple un RoE inférieur à 8%.

La «surbancarisation» ne constitue pas la seule préoccupation du FMI. Les banques des pays européens dont le système est plus concentré n’échapperont pas à plus d’efforts pour améliorer leur rentabilité. Pour les banques françaises, «conforter la profitabilité demande plus de réductions de coûts», prévient le FMI. Avec 20 millions d’euros d’actifs par salarié, les banques françaises se classent en milieu de peloton, derrière l’Irlande, championne européenne avec 50 millions d’euros, et derrière les Pays-Bas (28 millions) ou le Royaume-Uni (23), mais devant l’Italie (13) et l’Allemagne (12).

Enfin, si le FMI apprécie l’évolution des modèles économiques des banques françaises, vers la gestion d’actifs ou l’assurance, il recommande que «l’adaptation des taux de l’épargne réglementée soit poursuivie pour refléter les conditions de marché».