perturbateurs endocriniens

Europe, Santé

Un accord sur les perturbateurs endocriniens?

Les perturbateurs endocriniens reste un dossier sensible sur ces substances chimiques pour lequel la Commission Européenne tente depuis des mois de trouver un cadre. Dernier round en date après plusieurs propositions rejetées par les Etats-membre, ce mardi 28 février, date à laquelle ils étaient à nouveau réunis mais sans plus de succès.

Et si ces perturbateurs endocriniens suscitent autant le débat, c’est que les enjeux de santé publique sont de taille. Ces substances, même à des doses infimes, peuvent perturber le fonctionnement du système hormonal. Les conséquences peuvent déboucher sur de graves problèmes de santé tels le diabète de type 2, l’obésité, les troubles cognitifs, les troubles du système reproducteur ou encore certains types de cancer. Au total, on estime à plus de 800 ces molécules exogènes susceptibles d’agir sur le système hormonal de l’homme ou de l’animal. On les retrouve dans le plastique, les cosmétiques, les pesticides ou encore les détergents.

Pour l’OMS, il reste donc impératif d’encadre à l’échelle européenne, la commercialisation des produits contenants ces substances. Et le commerce semble bien être le nœud du problème, les Industries phytopharmaceutiques, les lobbies chimiques et les lobbies agricoles faisant pression à l’Europe à l’égal du lobby du tabac.

Plusieurs Etats membres, dont la France, demandent donc une définition de la nocivité des perturbateurs endocriniens qui permettrait de les classer selon trois cas : avérés, présumés ou suspectés (à l’image de la classification des cancérigènes). Ce dispositif permettrait de catégoriser les substances de façon graduée en fonction des connaissances scientifiques disponibles. Une définition qui n’a pas rallié la majorité. Le projet de directive de la Commission Européenne a été rejeté. L’absence de législation en la matière au niveau européen interpelle bon nombre d’eurodéputés également. Mais apparemment, les institutions vont devoir encore batailler ferme avant de parvenir à un accord même si parfois pour d’aucuns ne pas faire un choix politique est aussi un choix.