Economie, Europe

Relance économique à l’Europe

Tokyo et Bruxelles veulent conclure leur accord commercial en 2017. Les représentants européens et japonais ont annoncé que l’accord de libre-échange actuellement en négociation serait finalisé d’ici à la fin de l’année. Et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne s’est déclaré « très confiant », d’une conférence de presse commune avec Donald Tusk, le président du Conseil, et Shinzo Abe, Premier ministre japonais.

Face à la position protectionniste du président américain, l’Union Européenne accélère actuellement toutes les négociations commerciales en cours. Pour encourager les entreprises américaines, Donald Trump a en effet proposé une taxe de 20% sur les importations et a mis à l’arrêt les discussions avec l’UE. Le président a également retiré le soutien de Washington au Partenariat transpacifique (TTP), entre les États-Unis et 11 autres pays, dont le Japon.

Le Japon et l’Europe doivent donc coopérer avec les États-Unis et hisser haut le pavillon du libre-échange, un ordre mondial libre et ouvert constituant le fondement de la paix et de la prospérité.

L’accord commercial entre Tokyo et Bruxelles est comparable à l’accord du CETA, négocié entre l’UE et le Canada, tout en se rapprochant également de celui conclu en 2011 entre l’UE et la Corée du Sud. Selon certains observateurs, un accord de type coréen aurait un impact économique modeste sur les deux parties. Selon des estimations prudentes, le Japon augmenterait sa production de 9 milliards d’euros par an, soit une hausse de 0,23% du PIB par rapport à 2014. Pour l’UE, l’augmentation serait d’environ 11 milliards par an, soit 0,1% du PIB.

Tout comme pour le CETA, le diable est dans le détail. L’Union Européenne souhaite en effet que le Japon supprime les droits de douane sur les produits alimentaires européens, ouvre son marché public et réduise les barrières non douanières sur les voitures. En échange, l’Europe est disposée à limiter, de manière progressive, les 10% de taxes pesant sur les véhicules japonais et à faciliter le travail des cadres japonais en Europe.

Le Japon est le sixième partenaire commercial de l’UE, qui est elle-même le troisième associé de Tokyo. Le volume d’échange entre les deux zones pour 2016 est estimé à 125 milliards d’euros. La portée stratégique de l’accord est importante puisqu’il remplacerait partiellement le vide créé sur le marché mondial par les États-Unis.