Lutte contre la radicalisation

Europe, Société

L’Europe intensifie sa lutte contre la radicalisation

Pour l’Europe, la solution de la lutte contre la radicalisation passe par la participation citoyenne, le dialogue entre les communautés, l’inclusion sociale et le vivre-ensemble. L’Union Européenne vient en effet d’accorder une enveloppe de trois millions et demi d’euros à Practicies, un programme composé d’un réseau de chercheurs issus d’une vingtaine de pays européens, qui essaient de comprendre les mécanismes qui mènent les jeunes à se radicaliser. Nous avons interrogé Séraphin Alava, Professeur en science de l’éducation à l’Université Jean Jaurès de Toulouse, qui coordonne le projet. Il nous explique que le programme innovant, qui s’est fixé de présenter ses résultats à l’horizon 2020, s’appuie sur la collaboration d’équipes pluridisciplinaires en provenance de villes martyrs, soit qui ont connu des attentats comme Liège, Madrid, Bruxelles ou encore Toulouse. Un postulat à l’étude : racisme, xénophobie, homophobie, populisme sont autant de comportements radicaux qui mènent à la violence et les mesures sécuritaires, instaurées par plusieurs Etats-membres tels que La France, l’Allemagne et la Belgique, démontrent leur cuisant échec en termes d’efficacité.

La solution? Prévenir la radicalisation des esprits, dont la radicalisation cognitive, soit éduquer à un bon usage des réseaux sociaux, la délinquance, soit en évitant que les jeunes ne décrochent et basculent, la résilience, soit favoriser chez les jeunes la rupture avec les idées terroristes et l’entrée dans un processus de respect de nos lois, principes démocratiques et valeurs humaines. Le but : amener le débat chez le jeune pour produire un contre-discours sur sa vision des événements et sur son interprétation fermée et ses prises de position politiques ou sociales. La génération digitale, tout particulièrement, étant incapables de distinguer les informations objectives issues de sites officiels, d’articles scientifiques et les informations issues de sites conspirationnistes ou suprémacistes, un handicap qui facilite l’embrigadement.

Lors d’entretiens, les experts retracent avec ces jeunes les étapes et les outils qui les ont poussés vers l’extrémisme. Le programme tente également de décrypter les procédures d’État qui permettent de prévenir la radicalisation en faisant dialoguer polices nationale et municipale. Enfin, le panel développe un logiciel avec l’Onera et l’université de Grenoble pour caractériser automatiquement les discours radicaux sur internet. L’algorithme utilise des mots et groupes de mots-clefs tel que « c’est le système », « tous pourris» ou «Hijra» (départ vers un pays musulman en arabe).

Le sociologue insiste : face à l’extrémisme tout est question d’éducation et de bonnes pratiques.