Les réformes sociales, des avancées

Europe, Société

Les réformes sociales européennes, des avancées?

Les réformes sociales sont des dossiers où les Etats-membres de l’Union sont à la traîne. Les pays européens n’ont, en effet à ce jour, mis en œuvre que la moitié des réformes de l’UE en matière sociale, laissant à l’abandon des secteurs comme l’éducation ou l’intégration des migrants. Des questions qui ont longtemps semblé résolues, comme la lutte des classes, menacent donc de émerger à nouveau. Qu’il s’agisse du référendum du Brexit ou de la victoire de Donald Trump, nombre des événements actuels sont ainsi considérés comme le résultat des frustrations d’une classe ouvrière marginalisée.

Les spécialistes se sont penchés sur les secteurs nécessitant les réformes les plus urgentes, dont la pauvreté, l’éducation, l’emploi, la cohésion sociale et non-discrimination, et la santé.
La Grèce et la Lituanie s’attirent particulièrement les critiques. En Croatie, en Espagne, en Finlande, en Hongrie et en Slovaquie, l’environnement social des enfants a encore un impact trop élevé sur leurs performances et réussites académiques. La Finlande, par contre, marque cependant des points sur un autre tableau, puisqu’un grand nombre de projets pilotes ont troqué les méthodes d’enseignement traditionnelles pour un apprentissage plus indépendant.

Depuis le point culminant de la crise des réfugiés, en 2015, la nécessité d’intégrer efficacement les réfugiés et les migrants est devenue une priorité encore plus pressante. Or, les Etats-membre n’ont pas encore réussi à rattraper leur retard à ce sujet aussi. Les spécialistes soulignent par exemple la quasi-inexistence de mesures de lutte contre la pauvreté des étrangers. Certains pays ont même régressé. Au lieu d’augmenter l’aide sociale offerte aux demandeurs d’asile, le Danemark l’a ainsi réduite d’environ 50 %.

Notons qu’en dépit de la montée du populisme en Europe, les citoyens européens soutiennent majoritairement une meilleure intégration des résidents étrangers qui représentent 6% de la population, soit 30 millions de personnes, et rejettent la préférence nationale en matière d’emploi, selon un récent sondage réalisé dans 6 pays européens.

Les deux mesures qui remportent le plus franc succès, tous pays confondus, sont la garantie d’une rémunération et d’une retraite égale pour toutes les personnes travaillant dans votre pays, quelle que soit leur nationalité. Le renforcement des sanctions juridiques en Europe contre les employeurs coupables de discriminations liées à l’origine, la nationalité, la couleur de peau ou la religion, a également été choisi par 82 % des Français interrogés, 77 % des Allemands, et 87 % des Italiens.