Clivage est-ouest sur le trafic routier

Economie, Europe

Clivage est/ouest sur le trafic routier


La réglementation européenne sur le cabotage routier fait en effet resurgir de lourdes tensions entre l’est et l’Ouest du vieux continent. Rappelons que suite à l’adoption de plusieurs actes législatifs européens, tant les transports routiers internationaux que le cabotage des marchandises et des personnes sont progressivement libéralisés dans l’Union. On appelle « cabotage routier » le droit donné par l’Union Européenne à un transporteur européen non domicilié dans un pays de réaliser un transport routier sur le territoire national de ce pays, avec une limite de 3 livraisons après avoir déchargés ses marchandises et dans un délai de 7 jours après ce même déchargement. A noter que le cabotage aérien et maritime sont basés sur le même principe de transit, même si avec des nuances de timing.

Si la Commission a promis en janvier dernier de resserrer la visse pour combler les vides juridiques permettant aux entreprises de payer moins cher les routiers des pays plus pauvres de l’UE, elle n’en demeure pas moins pour la libéralisation du cabotage routier. Or, à l’approche de l’instauration d’une réforme législative qui devrait avoir lieu en mai, les pays de l’Est, et plus particulièrement la Pologne s’érigent contre toutes restrictions qui pourraient compliquer les conditions de séjour de leurs travailleurs dans un autre État membre de l’UE. Et pour cause ! Selon des données Eurostat, ce sont les routiers polonais qui sillonnent le plus l’Europe. Les entreprises qui abaissent les salaires de leurs chauffeurs en s’installant officiellement dans des pays de l’Est aux salaires bas sont l’une des principales causes de frictions entre les pays à salaires élevés et les pays à bas salaires alors même que les livraisons internationales effectuées en transport routier sont en hausse.

Notons que le salaire minimum salarié mensuel polonais est d’environ 467 €. Le salaire minimum pour les travailleurs indépendants est 2,80 € de l’heure, une aubaine pour certaines entreprises que les pays de l’Ouest de l’Europe entendent combattre. Ils sont ainsi au nombre de 9 à vouloir quadriller les forçats de la route. La France, le Danemark, l’Italie, l’Autriche, le Luxembourg, la Belgique, l’Allemagne, la Suède et la Norvège se sont fixé deux objectifs : faire converger l’application de la réglementation européenne et surtout améliorer les contrôles. Les discussions sont âpres. Affaire à suivre au printemps prochain …