Pesticides

Environnement, Europe

L’Europe lutte contre les pesticides contrefaits


La problématique des pesticides revient régulièrement dans l’actualité mais un cas plus particulier est cependant moins évoqué et pourtant plus dangereux, les pesticides de contrefaçon. Ces pesticides handicapent l’économie et représentent un lourd fardeau pour l’industrie européenne, les recettes fiscales et les niveaux d’emploi, selon un nouveau rapport publié le 8 février dernier.

L’Office de l’UE pour la propriété intellectuelle (EUIPO), estime que en effet que l’industrie légitime perd environ 1,3 milliard d’euros de recettes chaque année à cause des pesticides de contrefaçon.

L’impact direct sur l’emploi semble être également considérable. La recherche note en effet qu’environ 2 600 emplois directs sont perdus dans l’UE et qu’en tenant compte des répercussions à plus grande échelle, ce nombre grimperait à 11 700 emplois perdus. Et si l’on ajoute les retombées sur les autres industries et sur les revenus du gouvernement, en prenant en compte les effets directs et indirects, la contrefaçon dans ce secteur provoque environ 2,8 milliards d’euros de ventes en moins pour l’économie européenne.

C’est en Allemagne et en France que les pertes sont les plus importantes. Dans un secteur qui pèse 4 milliards d’euros, l’industrie des pesticides allemande perd ainsi 299 millions d’euros et 500 emplois chaque année. De la même façon, en France, qui est le deuxième plus grand producteur de pesticides en Europe, l’industrie perd environ 240 millions d’euros de ventes et 500 emplois par an. L’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni perdent respectivement 185, 94 et 76 millions d’euros chaque année.

À une époque où les produits de notre industrie sont rigoureusement testés et examinés, tant au niveau politique que scientifique, l’association européenne pour la protection des cultures (ECPA), un groupe commercial représentant l’industrie des pesticides, va plus loin, et souligne également l’impact environnemental potentiel des pesticides de contrefaçon non testés qui échappent aux contrôles auxquels sont soumis les produits légitimes.

Enfin, signalons que 6,5 % des aliments importés en Europe depuis des pays tiers contiennent des excès de résidus de pesticides au-dessus de la limite autorisée. A titre de comparaison, parmi les aliments issus des 28 pays membres de l’Union, seul 1,6 % possèdent une concentration de pesticides au-delà des niveaux autorisés. Ce qui tend à démontrer que la législation à tous les maillons de la chaine est relativement bien respectée.