Drapeau de la Chine

Economie, Europe

L’Europe doit-elle se protéger de la Chine?


L’Europe étudie de plus en plus sérieusement le risque commercial chinois. Dans une lettre commune adressée à Bruxelles, l’Italie, l’Allemagne et la France réclament de nouvelles mesures pour mieux protéger les entreprises face aux rachats chinois de nos entreprises.

Un cri d’alarme rare de trois ministres de l’Économie français, allemand et italien qui déplorent que ces dernières années, des investisseurs non européens ont pris le contrôle d’un nombre croissant d’entreprises européennes détenant des technologies clés.

L’Europe a ainsi vu débarquer en 2016 80 milliards d’euros d’investissements chinois en Europe, soit plus de 200% sur un an. Et rien qu’en 2016, les Chinois ont racheté ou investi dans 309 entreprises européennes, certaines dans des secteurs très stratégiques, voire hautement sensibles, comme des centres de recherche, des constructeurs en robotiques ou des aéroports.

En Allemagne, c’est le rachat par la Chine de Kuka, le fleuron des robots industriels, qui a déclenché la colère du gouvernement, il y a quatre mois.

Si au niveau européen, rien n’est vraiment prévu pour contrer ces rachats, les États-membres peuvent néanmoins se protéger. Les gouvernements pouvant par exemple mettre leur véto au rachat d’entreprises par des étrangers dans des secteurs stratégiques, précisément la sécurité, la gestion de l’eau, la santé, l’énergie, les transports ou les communications.

L’Union européenne marche néanmoins sur des œufs, car personne ne cherche vraiment à se fâcher avec la Chine, deuxième partenaire commercial de l’UE. Que du contraire et le signal est flagrant.

Effet Trump qui tourne le dos à la mondialisation, l’Union européenne, qui avait frôlé la guerre commerciale avec Pékin sur les panneaux photovoltaïques, amorce le désarmement. Les droits antidumping et prix planchers imposés en 2013 aux fabricants chinois devraient être graduellement éliminés d’ici à dix-huit mois, a fait savoir la Commission Juncker.

En charge du premier exportateur européen, Angela Merkel l’a officiellement confirmé : « Si l’UE tombe en panne avec les États-Unis (…), il nous faudra conclure rapidement d’autres accords commerciaux. » Même si la Chine, avec ses prix cassés, demeurent un candidat compliqué.