Plan Juncker

Economie, Europe

Bilan encourageant pour le Plan Juncker

Lancé en septembre 2015, le Plan Juncker pour l’investissement est censé mobiliser quelque 315 milliards d’euros d’ici le milieu de l’année 2018. Programme phare de la Commission il a initialement suscité le scepticisme quant aux objectifs escomptés.

Et pourtant, à mi-parcours, les chiffres rendus publics fin janvier par la Banque européenne d’investissement indiquent que les temps de passage sont respectés. Au total, ce sont 164 milliards d’euros d’investissements qui ont vu le jour jusqu’à présent. De quoi inciter les Européens à prolonger la durée du Plan jusqu’en 2020 et porter son objectif à 500 milliards d’investissements.
En volume, la France fait partie des Etats membres les plus concernés par le Plan Juncker, derrière l’Italie et devant l’Espagne. Pour la seule année 2016, 37 projets ont en effet bénéficié du Plan d’investissement dans le pays.

D’abord concentré sur certains Etats membres, le Plan Juncker tend toutefois aujourd’hui à se déployer sur l’ensemble du territoire européen. Chypre est à cet égard devenue, en janvier, le 28e pays sur 28 à voir un projet d’investissement validé. Par rapport au PIB par habitant, les principaux Etats concernés sont l’Espagne, le Portugal, la République tchèque, la Slovaquie, la Finlande ou encore la Grèce.

Pour s’adapter aux situations économiques nationales hétérogènes, la Banque européenne d’investissement a par conséquent été amenée à profondément modifier son fonctionnement. Soutenir l’activité des petites et moyennes entreprises est à cet égard l’une des premières priorités, dans de nombreuses régions d’Europe où ces PME n’ont toujours pas accès aux financements.
Dans ce contexte de déploiement financier et géographique satisfaisant, les voyants sont donc au vert pour une prolongation du Plan au-delà de sa date de fin initiale fixée à 2018. Cette prolongation devrait porter l’expiration du dispositif à 2020, son objectif à 500 milliards d’euros et devrait également permettre de répondre aux besoins d’investissement en matière de transition énergétique, d’infrastructures, ou encore d’emplois des jeunes.

Sur le plan financier, le Plan Juncker fonctionne selon le principe de l’additionnalité. Une mise de départ de 21 milliards d’euros a ainsi été fournie par le budget européen et la Banque européenne d’investissement. Cette somme, d’ici 2018, doit permettre à la BEI d’emprunter plus de 60 milliards d’euros sur les marchés, incitant alors la participation d’autres investisseurs privés et publics à différents projets économiques. La garantie européenne venant ici servir de « catalyseur » pour libérer les investissements, dont le niveau, en 2015 était de 15% inférieur à celui d’avant-crise en 2007.