Paiement par smartphone dans la zone SEPA

Economie, Europe, Technologie

Payer avec son numéro de téléphone? Le nouveau projet européen

L’espace unique de paiements (SEPA) est devenu une réalité pour les européens. Un espace à l’initiative du secteur bancaire européen où 500 millions de citoyens, 20 millions d’entreprises et toutes les administrations publiques peuvent envoyer et recevoir des paiements en euro dans les mêmes conditions, avec les mêmes droits et obligations, et ce peu importe le pays de l’Union.

La mise en place de l’euro a permis de faire en sorte qu’un paiement en cash dans un pays de la zone euro devienne aussi simple qu’un paiement dans son propre pays. Mais jusqu’à récemment, il était encore compliqué de payer un bien ou un service électroniquement dans un autre pays de la zone euro, par exemple via une carte de débit. Le SEPA a donc fait en sorte que les paiements électroniques soient aussi simples que les paiements par cash. Les tarifs et les garanties sont à présent transparents. Lors d’une étude publiée en 2014, les gains totaux attendus grâce à la mise en place de SEPA ont été évalués à 21,9 milliards d’euros par an et pour l’ensemble du marché.

Dernière nouveauté, aligné sur le calendrier de la mise en place de l’Eurosystème, un schéma de paiement instantané, la Banque Centrale Européenne a annoncé la création d’un registre européen des numéros de téléphone relié aux comptes bancaires qui permettra de fluidifier les échanges et de consolider un marché intégré des paiements en euros.

Ce service standardisé permettra le paiement de personne à personne en utilisant le numéro de téléphone mobile du bénéficiaire comme équivalent de l’IBAN. Il devrait être lancé d’ici à la fin de 2017 et ne devra pas être cantonné aux IBAN nationaux. Ce modèle se calque sur l’américain PayPal qui vient de lancer le transfert d’argent de particulier à particulier avec le seul numéro de mobile ou même une adresse mail, gratuit si c’est en euro dans l’espace économique européen.

En parallèle, la Banque Centrale Européenne, qui s’inquiète du risque de fragmentation du marché européen du fait de la profusion de porte-monnaie électronique et d’applis de paiement mobile, demande aux prestataires de services de paiement de mettre en place des solutions de paiement instantané, c’est-à-dire en quelques secondes, en euro au niveau paneuropéen au plus tard pour novembre 2017.

Pour accélérer le règlement interbancaire, la BCE propose de faire évoluer la plate-forme européenne de traitement des paiements Target2, utilisée par les banques centrales et commerciales, vers du règlement en temps réel, de l’ordre de 25 secondes, sans risque de crédit, ce qui éviterait aux banques d’immobiliser du capital en garantie. Ce dénouement en temps réel serait opérationnel en 2018.