Eoliennes pour la transition énergétique

Environnement, Europe

L’Europe veut créer 1 million d’emplois avec la transition énergétique

La transition énergétique est aujourd’hui un volet essentiel de la transition écologique, qui revêt une attention croissante. L’Europe réfléchi à comment transformer 100 milliards d’euros en 1 million d’emplois tout en sauvant la planète: c’est l’objectif, reconnu comme ambitieux, d’un collectif d’associations sociale et environnementale et de syndicats, qui a présenté l’initiative « 1 million d’emplois pour le climat » à Paris. Le coût du projet serait financé par des ressources nouvelles.

L’idée, lancée au Royaume-Uni il y a 7 ans, a aussi essaimé en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, en Norvège et au Portugal. Il s’agit désormais d’une plate-forme emploi-climat. Elle est soutenue par des représentants divers de la société civile et la Ligue des droits de l’Homme. Ces organisations ont travaillé ensemble sur un rapport nourri, financé par la fondation allemande Heinrich Böll.

Le rapport préconise des nouveaux arbitrages dans la dépense publique, qui se fassent en fonction d’impératifs climatiques. Les ressources identifiées ne proviennent toutefois pas des impôts, et ne devrait donc pas créer de pression fiscale supplémentaire: le collectif veut piocher dans la fraude et l’évasion fiscale, mais aussi des niches fiscales en faveur des énergies fossiles, dans ou encore dans les grands programmes de financement existant.

Les auteurs évoquent aussi la possibilité d’une politique monétaire pro-climat, soit la création d’une monnaie verte. L’idée serait d’injecter chaque année 75 milliards d’euros dans le circuit financier pour financer des investissements renouvelables ou des emplois verts.

La plateforme climat-emploi identifie également un manque de ressources pour les énergies renouvelables : la France, par exemple, dispose actuellement de 77.000 emplois dans le secteur, contre 144.000 en Allemagne. Selon le rapport, 330.000 emplois pourraient être créés dans les renouvelables, contre une destruction de 76.000 emplois dans le secteur du nucléaire, ce qui limiterait ce mode de production d’énergie Mais le secteur le plus créateur d’emploi serait le bâtiment, avec 350.000 emplois, puis l’action sociale, avec 230.000 emplois, ainsi que les segments du recyclage, l’agriculture paysanne (bio et intégrée) etc.

Les rapporteurs appellent donc à créer des emplois dans les énergies renouvelables, l’auto-rénovation accompagnée des bâtiments, l’accompagnement des ménages en précarité énergétique, l’agro-écologie, les infrastructures de transport durable, le recyclage et l’accompagnement des PME et des collectivités dans l’application des politiques de la transition écologique.

Le but: résoudre et anticiper l’opposition entre protection du climat et perte d’emplois dans les secteurs fragilisés par une reconversion, en lançant des changements structurels pour adapter les emplois au cadre de la transition écologique.